Yves Billon - Musique du Pakistan : musique religieuse et musique soufi (1989)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/10-12/musiquesdupakistan_musiquereligieuseetmusiquesoufi12_front.jpg Musique du Pakistan : musique religieuse et musique soufi par Yves Billon Z 178

Par un choix judicieux d’extraits, le documentaire initie au qawwali, le chant dévotionnel émouvant popularisé par le regretté Nusrat Fateh Ali Khan, présent ici.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
DVD
selection akhaba.com

Musique du Pakistan : musique religieuse et musique soufi

label: 
Date de parution: 
1989
Réf
types de supports: 
DVD
Z 178
0

Qawwali, kâfi, na’t : la poésie moniste soufie du Pakistan transcende l’extrême dévotion «persane» des Pakistanais pour l’Imam Ali. Celle des derviches ascètes Qalandars ou Madjhubs, ivres de Dieu. Sans remonter au règne des Timourides (XVIe-XVIe siècles), ce DVD célèbre les décades récentes où la louange extatique n’y encourrait encore rien de personne. A ce titre, ce road movie sans commentaire prend dorénavant son sens de « documentaire ». De Karachi (Sind) à Multan (Pendjab), le film juxtapose chronologiquement les rencontres musicales, avec une économie radicale de sous-titres.

Introduction brève, d’abord, des doubles-hautbois pungi nasillards des charmeurs de serpents Madari. Billon filme une série de scénettes : où se croisent sans transition des interprètes de qawwali réputés et chanteurs errants perpétuant dans les rues, avec une spontanéité trompeuse, l’héritage du saint chishti Amir Khusrau Dehlavi (1253-1325), fondateur du genre à Delhi.

Le chant élégiaque qawwali s’enracine dans les performances de rue des derviches-mendiants. Autour des sanctuaires soufis de Multan et de Lahore (Pendjab), le réalisateur saisit l’exaltation de tels démunis, ici le fameux Sain Mushtaq s’accompagnant d’un tisonnier chimpta, percussion traditionnelle des Qalandars errants du Moyen Age. Les kâfis de Sain Mushtaq et de Pathanay Khan sont les plus émouvants du film.

D’autres chanteurs de qawwali, professionnels dorénavant, entonnent leur fièvre en sessions pieuses de samâa dans les mausolées. Le documentaire saisit l’atmosphère recueillie de ces endroits. Par exemple, le mausolée à Hyderâbâd (Sind) de Shah Abdul Latif Bhitai (1689-1752), patron des récitants du qawwali, vénéré pour sa poésie. Le jour, les dévots y vibrent en une transe collective au son des tambours naqqara. Mais la nuit, des chœurs nocturnes au son des luths danbura (clone du tanbur persan et du tanbura indien, que Shah Abdul Latif aurait inventé) des « fakirs noirs » y tiennent d’émouvants samâa.

Dynamiques du chant, frappes du dholak, soupirs d’harmonium : les techniques du qawwali se sont stéréotypées. Le temps d’un couplet, on découvre Nusrat Fateh Ali Khan enseignant en privé ses gimmicks vocaux caractéristiques.

Jouant sur l’ambiguïté amoureuse du poème illuminationniste, la félicité du chant exalté inspire les genres savants profanes khyal et le dhrupad. En tête des grands interprètes du qawwali contemporains, les regrettés Nusrat Fateh Ali Khan (1948-1997) et Pathanay Khan (1926-2000) sont présentés ici dans plusieurs performances publiques inédites. Une expérience initiatique où l’émotion réconcilie béotiens et amateurs.

Par Pierre d’Hérouville | akhaba.com

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