Yves Billon - Musique du Pakistan, musique du Baloutchistan (1989)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/10-12/musiquedupakistan_musiquedubaloutchistan22_front.jpg Musique du Pakistan, musique du Baloutchistan par Yves Billon Z 179

Entre scènes surprenantes, instruments méconnus, le réalisateur français Yves Billon emmène le spectateur dans un voyage au cœur des musiques d’un désert captivant.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
DVD

Musique du Pakistan, musique du Baloutchistan

Actuellement indisponible
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Date de parution: 
1989
Réf
types de supports: 
DVD
Z 179
0

Villages improbables en pisé, camions bariolés, folklores inédits : Yves Billon raconte son voyage baloutche surprenant sur fond de longues scènes de vie dans le désert pakistanais. A l’image d’un instrumental de tanburag au cœur du film, entre sitar indien et dotar du Khorassan iranien, le réalisateur mélange les genres et crée le mirage.

Premières rencontres : les boucles d’un des tuyaux de la double-flûte donali s’enroulent ici sur la tonique répétée du second. Si on connaissait leur registre haletant guati grâce aux CD d’Ustad Espandar (Baloutchistan d’Iran), on les redécouvre ici dans les genres épiques du désert. Sur des drones vocaux inédits qu’on ne connaissait qu’aux Sibériens.

Du Baloutchistan partirent les premiers trouvères pour le Séistan iranien, le Machreq (Moyen-Orient), puis l’Europe. Au fil des routes, le spectateur devient plus familier avec le son envoutant de leur vièle gheychak, souvent sur une rythmique de luths tanburag.

Le réalisateur a intercalé des plages planantes de zahirig ou de complaintes avec des morceaux rapides de possession guati. Peu après, on assiste avec effarement à un tel adorcisme nocturne guati, entre souffrance contrite et musique obsédante. Etonnamment, la tanburag y prend un écho musical troublant de tarentelle endiablée des Pouilles.

Billon a aussi interposé des scènes de rue plus surréalistes : si le film s’ouvre sur la danse suggestive d’un homme pour ses pairs, il a aussi filmé un étonnant zikr maley en rang à Quetta (Nord-Baloutchistan), où les fakirs se mutilent de dards (dabbus) à la façon des rituels soufis des ordres rifaï, jalali et kasnazani. Plus loin, d’autres fakirs, dans un zikr nocturne de la côte, battent les tambourins daff et s’enduisent les mains d’huile pour en faire jaillir les flammes en essuyant une chaîne métallique portée au rouge… Livré à lui-même, le spectateur est tout à sa stupéfaction.

Dernière étape : Quetta, carrefour des Pashtounes, des Persans et des Baloutches, mais ici une incursion musicale en Afghanistan… La jeune Zarsanga, icône populaire des Pashtounes du Pakistan, y excelle sur les poèmes tappa ou namki mimétiques : on reconnaît dans sa chanson pashtoune les ritournelles à l’unisson oubliées d’Herat, si chères à Muhammad Khushnawaz. Même chant plaintif. Même jeu « vocal » du luth rubâb.

Impression confirmée ensuite, au cours d’un interlude instrumental traditionnel dans une maison de thé avec Soltan Muhammad, le luthiste de Zarsanga. Prochain arrêt : Peshawar ?

Par Pierre D’Hérouville | akhaba.com

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