Pierre Guicheney - Le bal des génies (1999)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/09-13/lebaldesgenies_front.jpg Le bal des génies par Pierre Guicheney Z 0111

Le documentariste Pierre Guicheney filme un rituel gnawa à Marrakech, avec un parti pris à la fois esthétique et pédagogique.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
DVD

Le bal des génies

label: 
Date de parution: 
1999
Réf
types de supports: 
DVD
Z 0111
0

« Je ne fais que visiter / ô maître dont la lumière rayonne / de tous ses éclats / sur les lieux en bien au-delà ».  Ainsi se présentent les génies sahéliens par la voix des sociétés afro-marocaines gnawa.

Le documentaire de Pierre Guicheney nous immerge dans la chronologie des préparatifs et du rituel adorciste Lila à Marrakech. Nuits de danses fébriles de transe, où ces esprits possesseurs de défunts sont convoqués à des fins thérapeutiques ou éventuellement propitiatoires.

Au fil des images, les commentaires pédagogiques initient le spectateur au rituel : ses étapes, ses accessoires, ses acteurs, ses symboles. Il découvre par exemple la hiérarchie symbolique des instruments de la confrérie, dominée par le luth guembri et le tambour tbel. Ailleurs, le panthéon des génies, par couleur, est habilement introduit par l'achat des offrandes au souk.

Quand débute la cérémonie, le festin d'appel des génies « défunts » élude l’explication de sacrifices en gros plan. Appels, danses, mets et vêtements de leur couleur respective convoquent alors les génies à s'incarner dans les humains. La nuit tombant, les sens sombrent dans le crépitement assourdissant des crotales qarqabou.

Une présentation théâtrale où se côtoient couleurs chamarrées et danses minimalistes : les prises de vue soignées des participants, détaillent davantage l'expression des spectateurs que la médiation ou les transactions chamaniques du rituel. L’atmosphère reste électrique lors des intermèdes. Le montage et les sous-titres concatènent volontiers les chants, sans interrompre notre immersion sonore.  

Enfin incarnés, les génies prosternés se contorsionnent bientôt sous l'effet galvanisant de la musique répétitive, cher à Gilbert Rouget. A cet instant morbide, « le monde invisible devient visible » disait Jean-Michel Corillion.

A condition qu’on le regarde. La caméra se détourne pudiquement lorsque les possédées, ravagées par le génie qui les ronge, s'effondrent finalement dans les bras de leurs proches, visiblement consternés. La possession au quotidien n’a rien d’une partie de plaisir. Le réalisateur hésite.

Enfin, la danse emballée des génies jaunes, ouverte à l'assistance, est vécue comme un retour au monde des vivants. Le rite gnawa a été ramené à une chorégraphie codifiée, plutôt qu’à un jeu de rôle chamanique ou confrérique.

Une fois initié, le spectateur pourra appréhender ces autres dimensions dans les entretiens de Bertrand Hell, ou dans le documentaire Chamans, les Maîtres du Désordre sur les Aïssawa.

Par Pierre D’Hérouville | akhaba.com

Albums proches
Recommandé si vous aimez
Mots Cles
Instruments: 
Genre: 
Région: 
Partager | translate
commentaires