Mohammed Jimmy Mohammed - Mohammed Jimmy Mohammed Trio & Han Bennink (2009)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/11-13/mohammed_bennink_front.jpg Mohammed Jimmy Mohammed Trio & Han Bennink par Mohammed Jimmy Mohammed 3341348601724

Mohammed Jimmy Mohammed, inspiré par les chansons introspectives de Tlahoun Gèssèssè, est ici présenté en concert à l’apogée de sa courte carrière internationale.

"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
DVD
selection akhaba.com

Mohammed Jimmy Mohammed Trio & Han Bennink

Date de parution: 
2009
Réf
types de supports: 
DVD
3341348601724
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S’il fut un talent apparemment dépareillé avec la scène éthio-jazz, ce serait bien Mohammed Jimmy Mohammed, chanteur de music-hall frêle et aveugle. Transcendé sur scène, Jimmy complète l'étonnante galerie de talents monomaniaques éthiopiens révélés par Francis Falceto dans la collection Ethiopiques.

Le contraste entre les deux facettes du personnage est saisissant dans le film de Stéphane Jourdain, où s'intercalent interview et extraits de concert à Bobigny, quelques mois avant sa disparition prématurée en 2006.

De prime abord, sa personne évoquerait plutôt les gueules cassées des vétérans des trottoirs d'Addis-Abeba. Jimmy évoque son enfance vagabonde dans un anglais hésitant ponctué d'amharique. De rues en orphelinats, cette errance sans but fut bientôt guidée par la voix du chanteur pop Tlahoun Gèssèssè. Le jeune aveugle chétif s'est petit à petit habité des textes mélo-romantiques de cette icône populaire, aux titres évocateurs: N'aie pas honte de pleurer / Souviens-toi de moi quand je mourrai, et Elle s'en va, je la suivrai. Un idéal de loser sentimental au paroxysme de la précarité.

Devenu chanteur de bar, Jimmy a embrassé ce tour de chant au point d'en revendiquer le réalisme social et la détresse. Ses interprétations vigoureuses revisitent le phrasé et la « mellifluence (vocale) de Mahmoud Ahmed » (dixit Falceto) des œuvres originales.

Métamorphosé des nuits entières sur scène, il entraine le public dans des abîmes de musique nostalgique. Sa voix fragile est progressivement galvanisée, tantôt dans le pathos (Lantchi biye, Sethed seketelat), tantôt dans une sorte de funk (Uuta ayaskefam, Sewetchi men yilalu). Il brouille les pistes.

Le concert de Bobigny est renforcé du batteur de free jazz Han Bennink. Une formule déjà rodée sur Takkabel! (TERP, 2006), l'unique album studio de Jimmy, enregistré la même année avec le combo néerlandais The Ex et le saxophoniste Gétatchèw Mèkurya.

L'énergie insoupçonnée du style de Jimmy doit beaucoup aussi aux arrangements du krar de son compère Mèssèlè Asmamaw. Cette lyre traditionnelle est ici détournée de la tradition azmari tout à fait à propos. Ses riffs amplifiés marient pentatonisme et distorsion en un cocktail innovant, groovy. « Hendrixien » selon Falceto. Alchimique. Sur Ayleedashem lebe, on la prendrait pour un orgue Hammond.

Ni azmari, ni crooner, le rhythm’n’blues déstructuré du trio souffle une fraicheur indicible. Indéfinissable. A l’image de cet instigateur inclassable, étoile filante de la scène d'Addis-Abeba, le présent concert est un OVNI.

Par Pierre D’Hérouville | akhaba.com

Le Mohammed Jimmy Mohammed Trio à la télévision hollandaise avec comme invités Han Bennink à la batterie et Terrie Ex à la guitare.

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