Layth Abdulamir - Yémen musique au cœur de l’Arabie (1999)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/09-12/yemen_musiqueaucoeurdelarabie_front.jpg Yémen musique au cœur de l'Arabie par Layth Abdulamir Z 263

Un voyage musical médusant au sein des diverses traditions régionales du pays, entre hymnes pieux, art savant, parfois filmées dans des paysages à couper le souffle.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
DVD

Yémen musique au cœur de l'Arabie

label: 
Date de parution: 
1999
Réf
types de supports: 
DVD
Z 263
0

Dans les pas de Niebuhr et Monfreid, Layth Abdulamir  a entrepris un véritable périple musical à travers les régions du Yémen, à une époque récente où ce voyage, déjà aventureux, n’était pas encore suicidaire. Guidé par des musicologues, le réalisateur interroge la tradition à travers leurs gardiens. Des sonneurs ruraux frustes aux inshads, hymnes pieux ou au humayni savant, le tabou moral de la musique résonne de tout son archaïsme dans la société clanique du Yémen.

La trame du film est une session magyal de puristes du chant savant de la capitale Sanaa. Moh’d Hamud al-Harithi - sommité locale disparue en 2007 - y interprète deux suites qawma étincelantes, respectivement au plateau sahn en cuivre et au oud. Les joyaux de la poésie humayni sont ici transcendés encore par la voix pubère du virtuose Moh’d Qasim Zubayda. Ou encore par le jeu du qanbûs d’Hassan al-Ajami, dernier chantre de ce luth oublié. Méconnu au Yémen, ce notable discret a connu une reconnaissance confidentielle hors du pays grâce aux CD de l’Institut du monde arabe ou à la BO du présent film.

Sur les toits de l’oasis de Shibam (Hadhramawt), Layth Abdulamir s’appesantit sur l’art vocal lyrique du dân. Il capture avec talent la spontanéité des poètes à improviser les vers et à les faire entonner au fil de leur inspiration. Prétextant l’influence indienne des migrants hadhramis, il filme aussi une formation rythmique de danse zafin de Seyun, aux sources du sawt actuel du Golfe. A Lahej, résonne l’orchestre désuet de Kamilia Yakout, émule locale du Nadi Adaniyyah, club à orchestre d'Aden dévolu au tarab égyptien.

Le voyageur médusé découvre le gourbi moite de Moh’d Kouek, l’un des derniers joueurs de la tanburah dans la Tihama. Le bourdon de cette grande lyre de rituel lewa n’avait été immortalisé jusqu’ici que par les prises d’Anderson Bakewell. D’autres étonnants sonneurs à Shibam ou à Zabid restituent aussi, hélas trop courtement, une liesse populaire d’un autre âge. Pris sur le vif au bord de la Mer Rouge, les tambourinaires-danseurs akhdam, métis, sont, n’en déplaise au commentaire péremptoire, particulièrement authentiques. Enthousiasme aussi chez les danses masculines bara, filmées à la falaise de Wadi Dar.

Par l’économie des commentaires, le film privilégie le road-movie planant au documentaire : la parole est donnée aux plans volés ou aux panoramas à couper le souffle de Sanaa et Shibam, échos visuels à la louange pieuse des poètes. Voyage dans un monde parallèle. En 52 minutes.

Par Pierre D’Hérouville | akhaba.com

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