Agnès Nordmann et Yves Billon - Musiques de l'Inde : Rajasthan, musiques du désert (1992)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/11-12/musiquesdelinde_rajasthanmusiquesdudesert22_front.jpg Musiques de l'Inde : Rajasthan, musiques du désert par Agnès Nordmann et Yves Billon Z 174

Entre ambiance désertique, paysages hors du temps, Agnès Nordmann et Yves Billon filment la musique troublante des gitans Langas et Maghaniyars, combinant râga savant et ferveur qawwali.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
DVD

Musiques de l'Inde : Rajasthan, musiques du désert

label: 
Date de parution: 
1992
Réf
types de supports: 
DVD
Z 174
0

C’est un film initiatique, intemporel, dans les pas de Deben Bhattacharya (1921-2001), l’ethnomusicologue bengali qui a enregistré depuis les années 1950 plus de 800 heures de musiques traditionnelles à travers le monde. Rajasthan, musiques du désert d’Agnès Nordmann et Yves Billon n’est pas vraiment un documentaire chronologique, mais plutôt un périple giratoire, contemplatif : le voyageur, égaré dans le désert indien sans horizon du Thar, reviendra perpétuellement sur ses propres traces.

L’action ne quitte jamais vraiment les maisons en pisée du village frontalier de Barmer. Haut lieu d’initiation à la tradition semi-classique des gitans du désert (les Manghanyars et Langas), entre raga savant et qawwali soufi. Au Rajasthan, ce chant inspiré des sanctuaires pakistanais s’affranchit des obédiences et du profane. Ici, l’énergie contenue de la vièle kamayacha hante les ornementations sophistiquées d’un raga desh instrumental, puis un raga sath chanté en chœur.

A Jaisalmer, des Langas musulmans, autrefois patronnés par les souverains rajput, se distinguent musicalement des Manghanyars par la vièle sarangi plus que par ce chant épique aux mêmes accents de qawwali. D'autres maîtrisent la guimbarde ou le registre virevoltant de la double flute satara avec une dextérité similaire aux jeux de l’alghoza de l'Indus ou du donali baloutche.

Yves Billon et Agnès Nordmann n’ont qu’effleuré la ferveur du chant classique de cour, cher à Bhattacharya, plus par le défilé évocateur des décors peints des palais d'Udaipur que par la pureté d’un seul chant mand. Musicalement, ces louanges métaphoriques à Krishna célèbrent l'influence commune du raga et du khyal. Les trémolos de la cantatrice Mangi Bai Arya évoquent la chanteuse Lati Bai, ou encore la célébrissime diva profane Lata Mangeshkar.

Par touches éparses, le film saupoudre les scènes de rue plus inattendues. Klaxons, tambourins, chants de cornac, procession de fête du Holi, contorsionnistes itinérants... tous participent de ce bric-à-brac sonore. Clin d’œil fugitif à la fameuse Gulabi Sapera révélée en Europe par le virtuose des cordes français Titi Robin, la séquence des charmeurs de serpents est particulièrement réussie. Le bourdon nasillard de leurs double-clarinettes pungi murli fait danser serpents et danseuses kalibela dans les rues de Jaipur.

De retour dans le Thar, Billon et Nordmann concluent en apothéose sur les rites d’un mariage traditionnel à Balmer. Procession, qawwali jubilatoire, instants privilégiés ou volés de ferveur communautaire. Le voyageur retrouve le vièliste Sakar Khan, le temps du concert de mariage. Pur instant de rencontre des traditions gitanes : Penita Khan accompagne Sakar dans un échange entre pungi murli et kamayacha, un étonnant duo responsorial, hors du temps. Quand, enfin, le mirage s’estompe, seule reste la voix tourmentée de Sakar Khan.

Par Pierre D’Hérouville | akhaba.com

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