Tito Paris

Biographie

Aristides « Tito » Paris chante de sa voix légèrement voilée la morna, le blues popularisé par son aînée Cesaria Evora, la coladeira entraînante et aussi le funaná charnel, épileptique, une cadence plus africaine, alors que le chanteur est originaire de l’île probablement la plus créole du Cap-Vert. Tito est né en 1963 à Mindelo, sur l’île de São Vicente, comme Cesaria. Membre d’une fratrie nombreuse, Tito Paris s’est mis tôt à apprendre le cavaquinho puis la guitare avant d’accompagner ses frères Toy à la batterie et Manuel à la basse dans les clubs de Mindelo, cité dont l’âge d’or reste les années 1950-60 où elle fut surnommée « le petit Brésil » pour la richesse tirée de son port et son animation noctambule.
La réputation d’un jeune musicien prodige issu de la ville fait vite le tour de São Vicente, du pays et arrive jusqu’à Lisbonne, aux oreilles du plus célèbre chanteur du Cap-Vert à l’époque, Bana, lui aussi originaire de la même île. Parrain de la musique capverdienne, voire afro-lusophone, dans la capitale de l’ancienne puissance coloniale, l’artiste et producteur demande à un autre pilier des premières modernisations de la musique capverdienne, rentré depuis des années au pays, le fabuleux clarinettiste Luis Morais (1935-2002), de lui envoyer ce jeune musicien dont tout le monde parle. « Le 17 juillet 1982, à dix-neuf ans, j’ai débarqué à Lisbonne, dans une ville où les gens peuvent habiter pendant trois ans dans le même immeuble sans se connaître, alors qu’au Cap-Vert tout le monde se connaît », raconte Tito qui se retrouve pendant un an à jouer de la… batterie. En fait, Bana avait entendu parler d’un batteur, le frère de Tito, qu’il voulait intégrer à la Voz de Cabo Verde, groupe historique né parmi la diaspora capverdienne, dont il était devenu leader. « Luis Morais, un des fondateurs de la Voz, savait que j’étais guitariste, mais il voulait que je parte alors que je ne connaissais rien à la batterie », se souvient Tito. Il finit par retrouver son emploi de guitariste quand la Voz de Cabo Verde est dirigée par un prodige de la composition capverdienne, l’exigeant Paulino Vieira, et se souvient toujours de cette soirée en 1985 en Hollande, l’une des destinations préférées de la diaspora capverdienne avec le Sénégal, le Portugal et le nord-est des Etats-Unis. « Paulino m’a forcé de prendre le micro. J’étais pris d’un fou rire au milieu de la chanson en pensant à son frère Toy qu’il a obligé aussi de chanter juste après moi alors qu’il n’était pas du tout chanteur », relate Tito qui fait de plus en plus les chœurs et chante davantage en solo. Mais, c’est sa rencontre avec son compatriote Dany Silva qui sera déterminante quand Tito quittera la Voz de Cabo Verde pour accompagner cette star de la variété exotique au Portugal : « C’est lui qui m’a aidé à monter mon propre groupe pour chanter. J’ai commencé ainsi à écrire et à composer des chansons », se souvient Tito Paris, qui a déjà sorti un album instrumental sans conséquence et participé aux enregistrements de divers autres artistes, anime le Pilon, célèbre club dans le quartier africain de Lisbonne où il est enregistré à son insu. La cassette fait vite le tour de la diaspora afro-lusophone en 1989 avant qu’il ne publie son premier véritable album comme chanteur en 1994. Un essai transformé en seconde meilleure vente de musique capverdienne après le fameux album Miss Perfumado de Cesaria Evora en 1992. Tito confirme sa réputation d’une des meilleures voix de la musique capverdienne en sortant en 1986 son premier album. Depuis, il étale un rare savoir-faire pour interpréter le plus souvent une douce mélodie d’amour chagrin et définitivement inconsolable. La saudade des tropiques.

Bouziane Daoudi | akhaba.com

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