Teofilo Chantre

portrait

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Photos : Lusafrica

Biographie

Il doit y avoir des ondes particulières sur l’île natale de Cesaria Evora : São Vicente, terre pelée et sans pluie, donne régulièrement de grands talents musicaux. Le Capverdien parisien Teofilo Chantre au nom si prédestiné confirme  cette réalié avec ses musiques qui voyagent délicatement parmi quelques mélodies majeures de son archipel lusophone au large du Sénégal. Une année après sa naissance en 1963 à São Nicolau, Teofilo, Fifi pour ses potes, est emmené par sa mère vivre son enfance et sa première adolescence à Mindelo, la métropole de São Vicente. Là où tout a commencé, parce que Fifi grimpait souvent sur les collines de son quartier Cruz de Jom d’Ebra pour chanter, bricoler dans sa tête des mélodies secrètes. Beaucoup plus tard, il écrira des chansons pour Cesaria Evora, dès Miss Perfumado, l’album de 1992 qui révèle au monde la diva marchant encore pieds nus, son style langoureux, la morna, et le Cap-Vert, une dizaine d’îles volcaniques qui semblent caribéennes alors qu’elles appartiennent à l’Afrique. La réussite de la cantatrice ouvre les chemins des studios à Teofilo pour enregistrer en 1993 son premier disque Terra & Cretcheu.
Teofilo n’oublie pas que le Cap-Vert tourne souvent le dos à l’Afrique pour regarder et tendre l’oreille vers l’autre rive de l’Atlantique, le Brésil. La voix un peu ronde, cajoleuse, le chanteur guitariste déclame souvent un mélange irrésistible de morna sombre et de bossa nova claire, quand il ne fait pas des envolées sur la coladeira aux déhanchements lascifs. Il chante aussi en français. Fifi a déjà vécu plus des deux-tiers de sa vie en France, depuis qu’il a rejoint à quatorze ans sa mère à Paris. « J’étais heureux de la retrouver, mais j’avais la peine de quitter mes grands-parents qui m’ont élevé à Mindelo. C’était la saudade », dit Teofilo au parcours exemplaire de beaucoup de Capverdiens qui sont presque deux fois plus nombreux à l’étranger que ceux restés au pays. Une société de familles trop souvent séparées et qui repose sur les femmes. A l’étranger, les hommes sont le plus généralement ouvriers dans le bâtiment, les femmes domestiques, ce qui explique souvent que leurs enfants grandissent dans les beaux quartiers. « Moi, c’était dans le VIIIe arrondissement, boulevard Malesherbes. J’ai passé beaucoup de temps seul. Je n’arrêtai pas de parler que du Cap-Vert aux camarades de classe qui ne savaient pas où se trouvait ce pays », se souvient Teofilo.
Avant la France, la mère de Teofilo est passée par la Hollande. Le père, Vitorino Chantre, lui, vit à Rotterdam, seconde destination européenne de la diaspora capverdienne après Lisbonne. Il signe quelques chansons sur l’album de son fils. Le père de Fifi était un parolier reconnu dans le Cap-Vert des années 1950. Il a signé quelques beaux textes avec Amandio Cabral, le plus grand auteur de morna de ces dernières années.
C’est à Paris, que Fifi s’est mis à la guitare, à seize ans, le cœur étreint par la saudade, sodade, en créole. Il étudie la comptabilité, joue dans des associations capverdiennes et remporte même un prix de la chanson lusophone avant de rencontrer José da Silva, futur producteur de Cesaria Evora, et musicien avec qui Teofilo fait des répétitions. C’est ainsi, que Cesaria chantera plus tard ses chansons. « J’écrivais depuis mes seize ans. J’avais donc plusieurs chansons en réserve », raconte Teofilo Chantre dont José da Silva produira le premier album et fidèlement les disques suivants.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

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