Pierre Akendengué

portrait

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Photos : Lusafrica

Biographie

Chanteur, compositeur, auteur, guitariste, dramaturge, Pierre Akendengué est un historique de la musique moderne africaine. Le premier Africain à être signé par une major du disque en France. Cela fait quatre décennies qu’il fait partie des grands maîtres de la musique africaine contemporaine avec sa voix chaude, ses inpirations de guitare, balafon, saxophone. Né le 25 avril 1943 à Aouita, parmi le peuple Myéné vivant dans la région de lacs et des lagunes de l'ouest du Gabon, entre Lambaréné et Port-Gentil, Pierre a été formé aux musiques et aux fêtes des villages, aux sons de la forêt qui marquent son parcours musical. Il apprend auprès de son premier maître, un de ses oncles, chanteur et harpiste du bwiti, mais se voit refuser par ses parents chrétiens son initiation à cette religion animiste et hallucinatoire.

Cependant, il en gardera des traces profondes dans ses compositions, du folk africain inédit. Ses chansons sont programmées à la radio gabonaise alors qu’il a quatorze ans. En 1964, il est à Paris pour passer son bac, avant de poursuivre des études de psychologie couronnées d'un doctorat. Sa vue déclinant, il repart au Gabon et revient en 1972 à la suite de ses propos critiquant le gouvernement gabonais en France où il obtient le statut de réfugié politique dans une période en plein bouillonnement politique. Il y publie en 1974 son premier disque, Nandipo, assemblant paraboles, poésie et contestation, grâce à Pierre Barouh, fondateur du label Saravah, qui le découvre dans la célèbre émission télévisée Le Petit Conservatoire de la chanson de Mireille.

Récompensé en 1976 par le grand prix du Midem et le prix de la Jeune chanson française de la Sacem pour son album Africa obota (mère Afrique), il bénéficie de la grâce présidentielle de son pays et rentre en 1977 mais peu après revient en France. Les Maracas d'or récompensent son troisième album, Esenregila. La même année sort Owende (oppression) où se croisent chœur féminin africain, balafon, saxophones, guitares, textes en français et langue vernaculaire gabonaise. 1983 voit apparaître une musique plus électrifiée, plus dansante, avec Awana Africa. Akendengué décide de retourner en 1985 au Gabon où il se lance dans un projet ambitieux avec le compositeur Hugues de Courson, qui apparaît en 1993, Lambarena, du nom du village où vivait jusqu'à sa mort le docteur alsacien Schweitzer (1875-1965) venu en 1912 combattre le paludisme. Un album qui allie les musiques sacrées de Jean-Sébastien Bach et celles de la forêt gabonaise, y compris les rythmes et la polyphonie des pygmées.

Trop éloigné de l’Europe, Akendengué ne goûtera pas aux fruits de ce succès et en ressent quelque amertume. Mais, c'est également l'époque où le chanteur Pierre Claver Zeng est nommé ministre de la Culture du Gabon qui semble s’ouvrir à la démocratie. Pierre Akendengué décide alors de participer activement au renouveau culturel de son pays et poursuit son travail de conteur, guerrier et poète, publiant des disques dont Gorée en 2006 et Vérité d'Afrique en 2008 où il continue de puiser dans la tradition de la forêt gabonaise et dans la culture de l’Afrique profonde, ou comme dit l’artiste : «  Chez nous, on dit qu'un peuple qui chante la même chanson, c'est un peuple uni. »

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

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