Mahwash

portrait

Description: 

 

 

 


Photo : Catherine de Clippel

Biographie

Considérée comme la Oum Kalsoum d’Afghanistan, Farida Mahwash est née en 1947 dans une famille traditionaliste. Sa mère enseignait le Coran dans un pays où les artistes étaient peu considérés, voire méprisés quant il s’agissait de femmes. Des préjugés qui ont bridé pendant des années la vocation de Farida jusqu’à la fin de ses études (elle a chanté dans les fêtes scolaires) où elle intègre Radio Kaboul.

Elle se fait vite remarquer pour sa voix exceptionnelle par le directeur de la station qui l’encourage à devenir chanteuse. L’apprentie artiste obtient une bourse pour se former sérieusement au chant et la musique sous la direction d’Ustad Mohammad Hashem Chesht (assassiné en Allemagne en 1994). Un artiste réputé qui lui prodiguera un enseignement rigoureux basé essentiellement sur l’étude du râga indien selon la formation traditionnelle des artistes en Afghanistan.

En 1977, Ustad Mohammad Hussain Sarâhang (1924-1983), un autre maître du khyâl, du ghazal, de la tanara ou du thumri, lui décernera le titre de « ustad » (maître), une première dans un pays où cette distinction était jusque-là réservée aux hommes. Farida se rappelle l’époque où elle voulait chanter le ghazal, un art qui confond amour divin et sentiments terrestres, au confluent des musiques arabe, persane, indienne et des traditions purement afghanes.

Il lui fallait apprendre qu’à Kharâbat, le quartier des musiciens à Kaboul, les femmes n’y allaient pas, interdites par leurs familles de fréquenter ce lieu de vin, prisé par les poètes et les philosophes. Elle a pris courage et s’y est rendue avec son mari pour en apprendre les règles musicales. « Je suis la première femme à avoir suivi cette voie », dit-elle avec la même détermination que celle d’antan. La musique avait éloigné Ustad Mahwash de sa famille.

La fin en 1989 de la guerre anti-soviétique déclenchée en 1980 provoque une période d’intense instabilité politique qui pousse Mahwash à s’exiler en 1991, avant la prise du pouvoir par les talibans. La chanteuse, adulée par le public, se réfugie au Pakistan quand chaque camp politique afghan lui demande de chanter pour sa cause au risque qu’elle se fasse assassiner par l’un ou l’autre des belligérants. Harassée, elle demande l’asile politique au HCR (haut-commissariat aux réfugiés de l’Onu) qui lui obtient son installation aux Etats-Unis.

Depuis, elle enregistre régulièrement des albums passionnés et raffinés, notamment en France avec Radio Kaboul, groupe formé essentiellement de musiciens afghans exilés. Leurs sitar, sarod, harmonium ou rubab accompagnent délicatement la voix puissante et ensorceleuse de « la » Ustad récompensé par un BBC World Music Award en 2003.

Par David Marif |akhaba.com

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