Lura

portrait

Description: 

 

 

 

 

 

Photos : Lusafrica

Biographie

Native de Lisbonne, la pétillante et parfois grave Lura interprète d’une façon inédite la morna, ce spleen inconsolable du Cap-Vert popularisé par Cesaria Evora qu’elle traduit dans un style qui sent davantage le continent africain et un peu le Brésil. Lura mise aussi sur la cadence batuque, une frappe noire issue de Santiago, la plus grande île du Cap-Vert, celle qui l’inspire le plus, la plus africaine de l’archipel atlantique anciennement colonie portugaise, terre de son père qu’elle a peu connu.

« Dès l’enfance, je voulais être danseuse », dit Lura. Elle est danseuse quand Juka, gloire de la chanson afro-lusophone installée à Lisbonne, originaire d’une autre ex-colonie portugaise de l’Afrique atlantique, São et Principe, la sollicite comme choriste pour son nouvel album, et remarque vite son timbre déchiré pour lui demander de faire un duo avec lui. Un zouk devenu gros succès communautaire.

Lura a dix-sept ans. Elle devient prof de natation et est régulièrement sollicitée pour des duos par les stars de la chanson afro-lusophone vivant dans la capitale portugaise comme les Angolais Bonga et Paulo Florès, les Capverdiens Tito Paris, Paulinho Vieira.

Lura commence à vingt-et-un ans par chanter le r’n’b et le zouk guimauve de sa génération, en sortant un premier album. Ou comme elle dit : « un disque destiné aux discothèques », mais dont une chanson, Nha vida (ma vie), est remarquée pour se retrouver sur une compilation lusophone au profit de la lutte contre le sida aux côtés de prestigieux Brésiliens comme Caetano Veloso, Marisa Monte, Djavan ou de l’Angolais Bonga.

Lura retrouve le Cap-Vert originel avec sa première production française en 2004, Di korpu ku alma (de corps et d’âme), un disque sollicité par le label parisien Lusafrica qui l’a faite « revenir à la tradition,  à l’acoustique ».

C’est-à-dire des cadences puissantes du pays de ses parents, du rudimentaire et attachant batuque au funana tout aussi mat et charnel en passant par le sanjon (de la Saint-Jean française) enjoué et épicé, habillés voluptueusement par des sons universels. Une musique qui enfonce un bon coin dans la domination du r’n’b et du zouk faciles.

Depuis ce lancement, Lura a fait des progrès spectaculaires dans le créole de son pays originel et ne chante pas uniquement la morna, ce déchirement voluptueux, mais aussi d’autres rythmes du Cap-Vert. Le timbre légèrement voilé par un tulle sensuel, elle se plaint et exhorte : « Mon fils ne t’arrête pas/Celui qui espère/Sera toujours récompensé ».

Ces ultimes vers de la chanson Bida mariadu (mauvaise vie) qui ouvre le second album de la chanteuse en 2006, M’bem di fora, expriment cette philosophie qui fait l’âme capverdienne : la dureté de la vie transformée en sagesse, la patience maquillée en courage, le désespoir métamorphosé en plaisir.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

Albums relatifs
Mots cles
Région: 
portrait: 
Instruments: 
regions proches
Régions proches: 
instruments proches
Instruments proches: 
genres apparentes
Genres apparentés: 
artistes proches
Partager | Translate
commentaires