Lucilla Galeazzi

portrait

Description: 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo : Philippe Matsas

Biographie

Il y a la papesse du chant néo-traditionnel italien, Giovanna Marini, et aussi sa cadette, Lucilla Galeazzi, dix sept ans passés au sein du Quatuor Vocal de son aînée avant de quitter en 1994 le groupe à côté duquel elle menait déjà une carrière de soliste. En 1987, elle a créé sa propre formation, Il Trillo, avec Ambrogio Sparagna, champion du mélodéon, et Carlo Rizzo, as du tambourin. Mais, c’est en 1994 avec la création Cuore di terra (cœur de terre) qu’elle commence à se présenter avec ses propres chansons. Lucilla déploie toutes les nuances de sa voix remarquable pour chanter des thèmes réalistes, des chansons oniriques sur la vraie vie.

Peut-être que cela viendrait de son lieu de naissance, Terni, en Ombrie, au nord de Rome, ancien bastion de l’industrie italienne, connu pour la sidérurgie, la chimie, le textile. « C’est aussi la ville de la Saint Valentin, de l’amour donc », ajoute malicieusement Lucilla qui a vu le jour en 1950 au sein d’une famille où tout le monde est musicien, avec un père joueur de guitare. « J’ai grandi plutôt à la campagne entre la musique de la famille et celle de la radio », dit la chanteuse.

Lucilla Galeazzi chante "Passerà" avec le Quatuor Vocal de Giovanna Marini

Elle est à l’université à Rome dans une Italie qui, dès le milieu des années 1960, connaît une importante revitalisation de ses traditions musicales sur fond de contestation politique. Un revival du patrimoine mené par Giovanni Bosio (disparu en 1970), devenu légende de ce mouvement de renouveau des cultures locales transalpines : « Il a avait lancé l’idée de créer un nouveau chant, une sorte de synthèse du folk de la campagne et des traditions urbaines. C’était le nuovo canzioniere italiano, la nouvelle chanson italienne. Ainsi, la chanson Bella ciao avait fait un immense scandale en 1964 », raconte Lucilla Galeazzi.

Elle intègre le groupe de Giovanna Marini en 1977, par l’intermédiaire du Romain Sandro Portelli, autre grand agitateur culturel, qui l’a présentée à la célèbre artiste. « Elle m’a demandée de la rejoindre. C’est ainsi que s’est créé le Quatuor Vocal de Giovanna Marini », se souvient Lucilla qui a séduit la Marini par la souplesse rare de son timbre, son interprétation sensible et personnelle. S’ensuivent plusieurs disques, des centaines de spectacles qui font du Quatuor une institution informelle de préservation et de recréation des musiques régionales d’Italie. Comme Giovana, Lucilla a sorti de l’oubli tant de chants, percé le mystère de tant de cultures, la tarentelle, la trammurriata…

La création Trio Rouge avec Vincent Courtois et Michel Godard

Durant ses années universitaires, Lucilla s’est intéressée aux chants sociaux de sa région, devenus une tradition du centre de l’Italie. « Il y a aussi la tradition religieuse. Le chant à deux voix typiques qui se répondent comme le va-et-vient du carillon, en italien vatoccu. Le mot désigne ce style, un des plus anciens d’Italie, un chant profane médiéval. Il faut reconnaître que là où l’église était forte, les traditions musicales se sont davantage maintenues  », précise la chanteuse qui a multiplié les rencontres avec d’autres musiques.

Son chemin est fait de tant de collaborations inédites avec le tango de Juan Cedron, Juan José Mosalini, Gustavo Beytelmann, le jazz du guitariste Claude Barthélémy, du violoncelliste Vincent Courtois, la musique contemporaine de Luciano Bério et de Sergio Rendine, du compositeur arrangeur touche-à-tout Philippe Eidel pour la création Mamas, du chant de la renaissance égyptienne de la Marocaine Aïcha Redouane. Plus récemment Lucilla s’est lancée dans un chant plus actuel, voire d’avenir : « C’est-à-dire plus mélangé, plus Afrique, plus électronique, plus bruit qui nous entoure, bruit mondial. Ce n’est pas un produit de marché, mais le bruit de la vie ».

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

En concert avec L'Arpeggiata de Christina Pluhar et Gianluigi Trovesi

Albums relatifs