Ildo Lobo

portrait

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Photos : Lusafrica

Biographie

Si vous débarquez à l’aéroport de Praia, la capitale du Cap-Vert, vous verrez une fresque de portraits des plus grandes personnalités du pays tous secteurs confondus, parmi eux, celui Ildo Lobo, un cercle de poils entourant les lèvres et le menton. Ildo était l’autre grande voix de l’archipel, derrière son aînée Cesaria Evora. Il a été emporté par une crise cardiaque le 20 octobre 2004. Une procession d’une dizaine de kilomètres l’avait suivi jusqu’à sa dernière demeure. Tout le monde avait sorti son instrument pour animer ces funérailles nationales et surtout populaires.

Ildo Lobo était reconnu comme le plus grand chanteur du chapelet d’îles au large du Sénégal, pour sa voix de charme, mais aussi pour sa franchise et ses engagements politiques commencés avec son groupe Os Tubaroes (les requins). Ils étaient longtemps considérés au Cap-Vert comme le groupe « officiel » du régime marxiste issu de l’indépendance en 1975 de l’empire portugais, et à ce titre régulièrement envoyés à l’étranger pour représenter le pays et être surtout les ambassadeurs de la musique capverdienne portant aux quatre coins du monde les rythmes du funaná, de la coladera et de la morna. A la séparation du groupe, Ildo s’était lancé dans une carrière solo tout en restant officier des douanes.

Il avait enregistré en 1996, Nos morna, un album dédié à son père Antoninho Lobo, disparu quelques années plus tôt, une des grandes voix du Cap-Vert. En 2001, Ildo publie un nouvel album, Intelectual, toujours entouré de ses vieux complices auteurs compositeurs, mais accompagné cette fois par les musiciens de Cesaria Evora avec qui il partageait le même label parisien, Lusafrica. Bel homme, grande gueule, séducteur impénitent, Ildo mordait à pleines dents dans le succès avant d’être miné par un drame conjugal qui lui a filé un goût immodéré pour l’alcool, entamé dès le petit-déjeuner.

Après quelques problèmes de santé qui l’ont contraint à réduire son activité musicale pendant un temps, Ildo retournait en studio l’été 2004 avec les musiciens de Cesaria pour enregistrer son troisième album solo, produit par le pianiste Fernando "Nando" Andrade, chef d’orchestre de la diva. Ildo ouvre son nouvel album par une magnifique morna, la seule écrite par lui sur cet enregistrement, Nha fidjo matcho, le conseil d’un père à son fils : « Mon fils écoute mon conseil/N’ouvre pas ta bouche pour chanter/Si tu chantes ou tu joues/Les belles femmes seront ta perte ». L’amour des femmes l’avait perdu à cinquante-et-un ans, deux mois avant la sortie de son disque qu’il avait intitulé Incondicional (inconditionnel).

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

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