Djelimady Tounkara

portrait

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Photos : Lusafrica

Biographie

Le toucher agile est délicat, Djelimady Tounkara modernise tout un pan de la musique bambara et de la culture soninké dont il est originaire. Guitar hero mandingue, Djelimady compose des sons tantôt électriques, tantôt acoustiques mais toujours ciselés avec la finesse d’un orfèvre au talent forgé depuis le plus jeune âge. Il a écouté Django Reinhardt, Chuck Berry, BB King, Johnny Pacheco, Ray Barretto, la rumba zaïroise, le jazz, les big bands cubains, la variété et la chanson françaises. Mais, après sa naissance à Kita, en plein pays mandingue, dans l’ouest du Mali, il a d’abord baigné dans la musique ancestrale de sa famille de griots depuis des générations.

Cela fait quarante ans que Djelimady Tounkara fait danser tout Bamako, dont deux décennies d’animation du très célèbre Buffet hôtel de la gare de la capitale malienne. Avant tout cela, son père l’a initié au balafon, au ngoni, à la kora, aux percussions. Djelimady se voit aussi offrir un poste-radio et une guitare sèche, et c'est le début d'un apprentissage inlassable en autodidacte. Il est berger et devient batteur à ses débuts dans l'orchestre de Kita, avant d’aller, à l’indépendance du Mali, à Bamako en 1963 où il intègre le groupe Jazz Missira, puis l’Orchestre National « A » du Mali.

Mais ses talents de soliste exceptionnel vont se révéler quand il se joint en 1971 au Super Rail Band de Bamako, le groupe mythique salarié des chemins de fer maliens dont la privatisation signe la fin de ce groupe mythique, véritable « école » de la modernisation musicale d’Afrique de l’Ouest. Tounkara en était vite devenu le leader par son jeu élégant et recherché. Son sens aigu du swing ensorcelle les danseurs de la tombée de la nuit aux premières lueurs du jour. C’est Christian Mousset, directeur des Musiques Métisses d’Angoulême, l’un de plus anciens festivals de musiques du monde en Europe qui va relancer dès 1990 le Super Rail Band avec à sa tête Djelimady, en produisant le disque du retour suivi de plusieurs concerts sur le Vieux continent.

Pris entre son rôle de soliste chef d'orchestre et sa fonction de griot auprès d'un riche mécène, l'idée d'une carrière solo ne n’avait encore jamais effleuré. C’est encore Mousset qui convainc Djelimady  d’entamer sa carrière solo en 2001, en enregistrant son premier propre album, à plus de cinquante ans. Une aventure où traditions mandingues et malinkés assument avec naturel les écarts blues, rock et latinos, la six-cordes de Djelimady Tounkara a bien sûr le premier rôle, mais les musiciens qui l'accompagnent sont loin de n'être que des faire-valoir, comme en témoigne son second disque solo Solon Kôno en 2005. Un fin nectar à goûter sans retenue avec Djelimady et son groupe familial.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

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