Bau

portrait

Bau

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Photos : Lusafrica

Biographie

Musicien des débuts européens de Cesaria Evora, puis son directeur d’orchestre de 1995 à 1998, Bau s’affirme comme l’un des artistes les plus talentueux d’une nouvelle génération d’artistes capverdiens. Autodidacte, Rufino Almeida, dit Bau, joue des instruments qu’il a fabriqués. Bau raconte le Cap-Vert à sa manière. De son archipel, il révèle l’âme et les influences, les brumes de mélancolie avec la morna et les traits d’optimisme avec la coladeira. Sans un mot. Simplement virevoltant avec élégance et une singulière invention entre différents styles, sur les cordes de son cavaquinho ou bien de ses guitares ou encore sur le violon qu’il manie avec une égale délicatesse. Bau est l’un des meilleurs instrumentistes du Cap-Vert, un virtuose époustouflant, sans tics ni excès.
Quand son aptitude à la musique s’est-elle révélée ? Dès l’enfance évidemment. Il ne pouvait en être autrement. Dans la famille, beaucoup de monde y touchait plus ou moins. Le père de Bau était luthier à Mindelo, port de l’île de São Vicente, la plus célèbre de l’archipel capverdien depuis la consécration de Cesaria Evora, également native de ce bout de terre d’où sont aussi originaires des artistes avec qui il partage depuis des années le même label, Lusafrica (le regretté Luis Morais, Tito Paris). C’est là que naît Rufino Almeida, le 19 décembre 1962. Lorsqu’il lui met un cavaquinho dans les mains alors qu’il a tout juste six ans, son père, qui lui-même taquine volontiers le violon, ne mesure pas les conséquences de son geste. Il ignore qu’en grandissant, le fiston, dont il sera le premier professeur de musique, va devenir un fan absolu de cette petite guitare aiguë à quatre cordes, un virtuose au même titre que le maître brésilien de l’instrument, Waldir Azevedo, l’un de ses modèles.
Le garçon a dix-sept ans quand il forme avec Tito Paris et Bius son premier groupe, Gaiatos. Il se fait désormais appeler Bau, un pseudo emprunté à Djoy, footballeur de l’équipe locale qu’il admire tout particulièrement. Avec Gaiatos, chaque fin de semaine, il se produit à Mindelo dans un club appelée Katem, un lieu transformé et renommé depuis Café Musique, où l’on peut encore aujourd’hui écouter des groupes. Avec le départ de Tito Paris pour Lisbonne et celui du clavier, appelé sous les drapeaux, l’aventure s’arrête. Elle aura duré un an. Suit une nouvelle histoire, baptisée Grito de Mindelo. Un groupe, comme Gaiatos, fait pour danser. Le répertoire mélange les styles du cru (funaná, coladeira), zouk et Marley. C’est l’époque des bals populaires en plein air, très fréquentés alors, mais qui ne résisteront pas à la concurrence des discothèques prisées désormais par la jeunesse mindelese. A la fin des années 1980, Bau délaisse la guitare électrique dont il faisait son ordinaire jusqu’alors pour se consacrer à un projet acoustique, puisant essentiellement dans la tradition capverdienne, avec bifurcations par la musique du Brésil, la bossa nova surtout. Sa volonté est aussi de mettre en avant, en tant qu’instrument soliste, le cavaquinho. Pourquoi ce virage soudain ? « J’ai pris conscience de la richesse de notre musique. Il était vain de continuer à imiter des choses d’ailleurs, alors que l’on pouvait servir avec notre cœur la musique traditionnelle de chez nous, celle que jouait mon père à la maison », raconte Bau. Depuis le début des années 1990, il a publié six albums solo d’une beauté lumineuse.

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