Abida Parveen

portrait

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Photo : Catherine de Clippel

Biographie

Abida Parveen est née « dedans », en 1957, d’un père célèbre chanteur pakistanais, Ghulam Haider, directeur d’une école de musique, le premier à détecter le talent de sa fille qu’il encourage à persévérer dans le chant avant de l’envoyer à Lahore, la "capitale" religieuse du Pakistan, se perfectionner auprès de Salamat Ali Khan. Ce maître l’initie aux subtilités du chant savant et populaire aux Pakistan, Bengladesh et nord de l’Inde, le khyâl (de l’arabe khayal, imagination, fantaisie), poésie amoureuse où se confond passion profane et ferveur divine, incertitude sensuelle qu’entretiennent tant les adeptes du soufisme. Auprès d'une autre réputation de la tradition, Mohammad Najeeb Sultan, Abida apprend les déliés sophistiqués des métaphores du ghazal, à l’origine poésie érotique arabe remontant à l’anté-islam et muée en contemplation amoureuse profane et sacrée dans le sous-continent indien sous l’influence des poètes persans. Ce qui n’est pas pour déplaire non plus aux mystiques de l’islam qui sont plus de 15 000 à écouter Abida pour la première fois sur scène à quinze ans, à l’occasion d’un anniversaire de la mort d’un poète soufi. Elle chante aussi la joute mystique kâfi inspirée des milliers de vers écrits au XVIIIe siècle par le saint Shah Abdul Latif Bhittai.

 

Fille du Sindh, province du sud-est pakistanais imprégnée par le soufisme, Abida est considérée comme le pendant féminin de son compatriote Nusrat Fateh Ali Khan (1948-1997), le propagateur de la ferveur qawwali, genre qu’elle interprète peu. Mais sa voix puissante, ses arabesques impétueuses, son immense popularité la font comparer à son illustre aîné. A vingt ans, Abida chante sur les ondes. Son mariage avec le grand producteur de la radio pakistanaise, Ghulam Hussein disparu en 1997, lui ouvre la voie de la popularité avant sa consécration internationale entamée dès le milieu des années 1980. Le cinéma du sub-continent la sollicité aussi pour enjoliver les BO de ses urdu ghazal, simples et légers comme la variété. En urdu, sindhi , pendjabi, hindi ou saraïki, Abida chante d’une voix profonde, douce, parfois sombre et fougueuse sur des mesures d’harmonium, tabla, dholak, bansuri. Elle peut transporter l’auditoire dans un jardin aux mille couleurs ou insuffler un tumulte qui emporte l’auditeur dans une transe vertigineuse d’où il sort toujours vidé, mais en harmonie avec le monde.

Par David Marif | akhaba.com

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