Le ney hanban

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Le ney hanban
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Saeid Shanbehzadeh au ney hanban

Devenu emblème de la musique métissée du Sud iranien, la cornemuse ney hanban (ou neyhanban) est aussi commune aux autres pays du golfe Persique à quelques variantes locales près. Etymologiquement, le terme de ney hanban semble être la concaténation de ney (flûte en roseau) et hanban (un nom du même instrument au Koweït, aux Emirats Arabes Unis, Bahreïn, Qatar). Egalement connu sous les noms de mashak en Inde du Nord, de jirba au Koweït, au Bahreïn, en d’autres régions d’Iran, cet instrument s’est apparemment répandu au Khuzestan et parmi les gitans de ces régions marécageuses du Chatt-el-Arab.

Instrument archaïque, le neyhanban a des caractéristiques organologiques qui le différencient des cornemuses modernes d’Europe. Tout d’abord, le ney hanban est réalisé par le raboutage d’un puits (pour souffler) et d’une clarinette double, type ney jofti dont il aurait hérité, sur une « vessie », faite d’une peau cousue de mouton ou de chèvre. Première caractéristique : les chœurs sont donc deux clarinettes idioglottales en roseau, contrairement aux chalumeaux « chanter » des cornemuses modernes ou même ceux, similaires, des stviri, gudastviri ou chiboni (Georgie). L’anche simple de chacune des deux clarinettes accordées parfaitement à l’unisson confère á l’instrument un son grêle. Seconde particularité : le neyhanban n’a aucun chalumeau de bourdon et son jeu est donc principalement mélodique, avec des ornementations très rapides. Troisième distinction : contrairement aux cornemuses modernes, le neyhanban est dépourvu de clapet anti-retour.

Ces deux dernières singularités et sa grande taille rendent comparativement la musique du neyhanban iranien extrêmement vive. Il est notamment utilisé comme accompagnement du chant (bandari, khuzestani, puis, plus récemment, bushehri). Les interprètes fameux sont Saeid Shanbehzadeh, Ahmad Ashrafi, Ranju Qanbar, Bahram Mehrbakhshi et Mohsen Sharifian. Ce n’est qu’à partir des années 1980 que le ney hanban serait popularisé à Bushehr, port cosmopolite du sud de l’Iran où se mêlent cultures persane, asiatique, arabe et africaine.

Par Pierre D’Hérouville | akhaba.com

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