Le Ka

instrument
Le Ka
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Photo : Bouziane Daoudi

En général, l’instrument s'appelle ka ou gwoka qui, lui, désigne aussi la musique, le chant, la danse, voire toute une culture. Pour distinguer l’instrument du genre, on le nomme désormais ka uniquement. Le mot viendrait simplement de n’goka, une percussion d’Afrique Centrale, peut-être du terme gros quart, une mesure du volume des tonneaux de salaison, de vin, huile, ou encore de caques, appellation des barils de harengs salés consommés couramment à l'époque coloniale, où il était interdit aux esclaves africains de couper des arbres et donc de pouvoir construire leurs tambours.

Les Africains de Guadeloupe ont donc obtenu un bouko, le fût, qu'ils fermaient à une extrémité par une peau de cabri montée sur un cercle, suivi d’un deuxième cercle plus bas. Bien sûr, de nos jours le ka est construit à partir de tronc d’arbre, le bois-fouillé d'acajou, d’amandier, de marogani, de poirier ou de fruit à pain, le plus recommandé. Le réglage de la peau se fait par un système de cordage appelé zoban (hauban). De petits bouts de bois, les klé (clés, en général cinq), placées entres les cordes, doivent être tournées pour tendre plus ou moins la peau. Le ka qui mène le rythme, le marqueur (mawké ou maké) possède une peau femelle alors que les boula, généralement deux tambours plus gros et graves jouant un rythme régulier, ont une peau mâle.

La fabrication d'un tambour ka

On admet maintenant que le ka a sept rythmes essentiels (il en existe autant d’autres). Le kaladja (ou kaladjya) symbolise la lutte en amour tout comme le toumblak qui est aussi un rythme de danse du ventre, de la fertilité, de la terre, alors que le graj (ou grage) accompagne les travaux des champs, et le granjanbèl (ou kajenbèl) une danse de la coupe de la canne à sucre. Le léwóz est, lui, une cadence guerrière qui menait les attaques de plantations, une danse incantatoire aussi, et le woulé (roulé) une sorte de valse pour moquer les colons blancs. Le menndé (mindé), dernier rythme arrivé en Guadeloupe avec les Congos venus travailler sous contrat après l’abolition de l’esclavage, joue la musique de carnaval, de la bamboula (banboula), la fête du dimanche héritée des « fêtes gentilles » dominicales autorisées autrefois par les maîtres.

Alors que les nègres marron, nèg mawon, les esclaves fugitifs, communiquaient entre eux à travers le ka, il marque aujourd’hui les temps forts de la vie sociale des îles guadeloupéennes, mariage, baptême, funérailles, fêtes populaires, commémorations historiques, grèves ou manifestations. Les écoliers l’apprennent et il a aussi ses propres écoles.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

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