Le Cap-Vert

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Le Cap-Vert

L’archipel d’origine volcanique est inhabité quand les marins portugais le découvrent en 1456 à un demi-millier de kilomètre des côtes sénégalaises. Dès 1462, le Portugal fonde sa première colonie sur la plus grande île, Santiago, Ribeira Grande, rebaptisée plus tard Cidade Velha (vieille ville, en portugais, sidadi, en créole capverdien), afin de ne pas être confondue avec Ribeira Grande sur l’île de Santo Antão.

D’ailleurs, la vieille cité (inscrite depuis 2009 au patrimoine mondial de l’Unesco), à une quinzaine de kilomètres de la capitale Praia, a été longtemps le premier centre de tri du commerce triangulaire plus de 200 ans avant la symbolique île sénégalaise Gorée, dans la baie de Dakar.

La traite négrière procurera aux colons capverdiens une grande prospérité au XVIIe siècle, suivie par un autre âge d’or dès la fin du XIXe siècle avec l'ouverture des lignes transatlantiques, notamment le port de Mindelo, sur São Vicente, avant le déclin dans les années 1960 quand le développement de l’avion réduit de plus en plus les distances entre les continents.

Autrement, le pays, prolongement atlantique du Sahel d’où souffle le sablonneux harmattan subit régulièrement des sécheresses aggravées par la déforestation, provoquant dans le temps de terribles famines accentuées par l’absence d’aide alimentaire, et chroniquées dans des chansons reprises jusqu’à aujourd’hui.

Des poésies qui alimentent la fameuse sodade, la nostalgie créole d’un peuple très croyant, massivement catholique avec une forte minorité protestante et dont presque les deux tiers vivent en diaspora, essentiellement aux Sénégal, Etats-Unis, Portugal, Pays-Bas, alors qu’un demi-million de Capverdiens réside sur neuf îles de l’archipel, dont la dixième (Santa Luzia) est gardée inhabitée.

C’est en 1956 que les mouvements indépendantistes de la Guinée-Bissau, autre colonie portugaise sur le continent africain, et du Cap-Vert s’unissent sous la bannière du PAIGC (Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert) pour aboutir à l’indépendance en 1974 de l’une et l’année auparavant pour le second.

Une libération que n’a pas vue le leader Amílcar Cabral, né en Guinée-Bissau de parents capverdiens,  assassiné à l’instigation de la police politique portugaise en 1973, un an avant la révolution des Œillets à Lisbonne qui en finira avec la dictature et favorisera l’indépendance des deux colonies africaines.

Leur tentative de s’unir en un seul pays est avortée à cause du coup d’Etat en 1980 en Guinée-Bissau, alors que le Cap-Vert est dirigé depuis son indépendance par l’unique PAICV, le Parti africain pour l’indépendance du Cap-Vert d’inspiration marxiste qui acceptera le multipartisme en 1990.

Terre exiguë, sans grandes ressources naturelles, pauvre en eau douce, aujourd’hui majoritairement urbaine, l’archipel vit beaucoup de ses émigrés, de l’aide internationale, et dans une moindre mesure des services, fonctions publiques, commerce, transports, un peu du tourisme maintenant que Cesária Evora a fait connaître au public occidental son « petit pays », mais si riche de musiques au large métissage, du rythme plus européen au plus africain.

Les rythmes locaux, morna, coladeira, funaná, batuque, tabanka, mazurka ou sanjon sont sérieusement concurrencés au sein de la jeunesse par le zouk. Cette musique originaire des Antilles françaises est plus ou moins mélangée avec la coladeira pour inventer le cold-zouk ou le semba venu d’Angola pour donner la kizomba.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

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