La musique touarègue

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La musique touarègue

Les Touaregs (ou Touarègues, dit aussi Tamasheqk ou Tamasheks) sont les Berbères du Sahara, traditionnellement des nomades qui parcourent tout le Sahara traversé par leur musique de la Mauritanie à l'Ouest jusqu'aux confins du Soudan à l'Est, du Maroc, l'Algérie, la Libye, l'Egypte au Nord, jusqu'aux Sénégal, Mali, Niger, Burkina Faso et Tchad, au Sud. C'est une mélodie lancinante jouée depuis des siècles par le tambour à eau tindé, le violon monocorde imzad, le luth ardin, instruments aujourd'hui de plus en plus remplacés par les guitares électriques, batterie, synthétiseur par les nouvelles générations de musiciens. Mais elle reste un genre captivant, lié le plus souvent à des cérémonies religieuses ou profanes, accompagné de frappe des mains. Les femmes et les hommes chantent, ensemble ou seuls.

Des textes très poétiques parlent d'amour, d'honneur, de politique, d'épopée historique, de la nature, de valeurs sociales. La versification touarègue, très rigoureuse, se constitue de plusieurs types de poèmes appelés seienin, in-aller-lalla ou l'aliuen dévolu exclusivement aux femmes pendant les fêtes de mariage, qui ont aussi l'exclusivité de jouer l'imzad, alors que l'ardin est réservé traditionnellement aux hommes. Malgré l'islam patriarcal, les Tamasheqs restent des sociétés matriarcales, contrairement à leurs frères berbères sédentaires de la zone méditerranéenne. C'est ainsi que leur musique est jouée sur des poèmes soutenus le plus souvent par l'imzad, traditionnellement le soir autour du feu sur le parcours des caravanes. Le jeu virtuose de l'imzad, appris auprès de la mère ou d'une tante est un signe de bonne éducation pour les femmes. Il est progressivement remplacé par la percussion tebol (ou tbel) joué par les hommes.

Les hommes chantent seuls, improvisant leurs arabesques à la gloire d'une femme, laissant libre cours à leurs émotions. C'est le tchioué, un style entièrement chanté par un homme en solo, où se mêlent l'amour et le récit guerrier. Les jeunes Touaregs de plus en en plus sédentaires jouent maintenant de la guitare ou du oud, chantent, parfois accompagnés par des percussions, frappe des main. Les femmes improvisent leur chúur, la forme la plus moderne de la musique touarègue, notamment au sud de l'Algérie. La musique la plus pratiquée et la plus connue reste celle du tindé, fait de deux sortes, le tindé nomnas, plus rapide pour rythmer la danse des hommes, joué pour les louanges et le tindé n'fgouma pour les rythmes de possession et les chants d'exorcisme. Une femme chante et marque le rythme au tambour. Un chúur de taille variable lui répond. A ce rythme hypnotique viennent se mêler claquements de main, son d'une cruche ou d'un tambour à eau.

Par David Marif | akhaba.com

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