Zambia Roadside 2 (2013)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/10-13/zambiaroadside2_front.jpg Zambia Roadside 2 par 9789077068397

Comme son nom ne l’indique pas, Zambia Roadside 2 est moins une suite que l’exploration de genres villageois inédits dans les provinces du Sud et du Centre de la Zambie.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 13.5
Type de produit: 
Album

Zambia Roadside 2

label: 
Date de parution: 
2013
Réf
types de supports: 
Digipack
9789077068397
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Certains disques nous immergent dans un univers sonore inexploré, au milieu duquel, dépaysés, nous nous retrouvons à notre « zéro culturel », comme l'appelle l’anthropologue Michael Lambek. Rétrospectivement, l’album Zambia Roadside est de ceux-là. Un grand CD de guitares décoiffantes, enregistrées parmi les ethnies du bush zambien.

Dix ans après cette fresque sonore, l'ethnomusicologue Michael Baird en échafaude ici la suite. Désormais, le minimalisme éclipse la postmodernité kalindula, à l’instar des terrains de Moya Malamusi au Malawi. De la contrebasse en bidons à la percussion musekele, en rayons de roue de vélo, la facture instrumentale n’est pas en reste. Chiyongo tabateba et Palameni mwebalecula rendent justice aux guitares artisanales et à la grande basse babatoni, toutes popularisées depuis par le genre karindula à Lubumbashi, en République démocratique du Congo.

Les onomatopées et la liesse de ces groupes villageois sont ensuite combinées en cette B.O.F. enjouée de voyage : Baird y a traqué une musicalité aussi inattendue que ses rencontres elles-mêmes. Citons les choristes amblyopes aushis de la cathédrale de Mansa – humoristiquement nommés « Mansa Visual Art Band » –, le chamane Crispin Mutanuka, le conteur mystique Enock Mbongwe Haciwa ou encore Chris Haambwiila (Saansa cisanse), un genre de bluesman, virtuose lui aussi de l'arc musical kalumbu. Bien souvent, la répétition fut la bonne prise. Au-delà de l'information ethnomusicologique, chacune de ces rencontres fortes, complices, est rehaussée d’anecdotes caustiques dans le livret.

Au début, le dépaysement est mélodique. La compilation transporte l'auditeur des chœurs – gospel ? bantous ? – au xylophone silimba envoutant. Le silimba oscille entre les phrases de balafon bantou (Taiyaka) ou les boucles hypnotiques (Nipanike), similaires à ceux des Sena au Malawi.

Enfin, les tambours fébriles de danses marchées, sporadiques sur Zambia Roadside, sont ici déclinés en chœurs seesa (Ndakali kwetwe, Ing’anda yapoila, Ino ino) ou en polyrythmie du genre nfunkutu (Chibinda wanama). Chœurs à tue-tête, flutes et sifflets stridents en défient sans relâche le martèlement sourd.

On l'aura compris, ce Zambia Roadside 2 n'est pas un remake. Si les nombreuses danses en donnent une impression trompeusement brouillonne, Baird a simplement déplacé le focus sur d’autres trouvailles de voyage, méconnues sous nos latitudes. Sans doute aurait-il mieux valu nommer celui-ci  Zambia off road.

Par Pierre D’Hérouville | akhaba.com

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