Wassim Soubra - Sonates orientales (2009)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/06-13/wassimsoubra_sonatesorientales_front.jpg Sonates orientales par Wassim Soubra 794881935024

Loin des sentiers battus, le pianiste libanais réalise la fusion de la fugue classique avec une composition sage. Ses dix tableaux introspectifs rayonnent de modernité.

"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album

Sonates orientales

Actuellement indisponible
Date de parution: 
2009
Réf
types de supports: 
Digipack
794881935024
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Par sa tessiture remarquable, le son d’un beau piano suscite chez tout un chacun un sentiment épidermique de confort. Les directeurs de grands hôtels l'ont compris depuis bien longtemps, tandis que seuls les pianistes Mustapha Skandrani ou Javad Maroufi ont effleuré jusqu'à présent le potentiel d'innovation de cet instrument dans la musique orientale.

Depuis son enfance, Wassim Soubra compose sur un Pleyel en plein cœur de Beyrouth des rêveries sereines d'inspiration plus ou moins orientale, exutoire intérieur de la réalité prosaïque qui l'entoure. Le projet trouve son origine dans le Trio Rhea, qu'il constituait en 2006  avec Vasken Solakian et le percussionniste Souleymane Mbodj. Les compositions en furent réécrites sous divers titres sur pas moins de trois albums : Bach To Beirut en trio, l’album solo Sonates Orientales et l’inattendu Dunes, soient trois univers différents.

Car il s'agit bien d'innover. Ici, ni musique d'ascenseur, ni Glenn Gould, et pourtant une volupté convenue, en apparence. Wassim aime à expliquer sa différence: "J'essaie de garder chaque jour le temps de travailler Bach ou Chopin; c'est ma langue, celle que je maîtrise". Sa signature, dorénavant.

A son passage au Conservatoire de Boston, son univers s'est effectivement teinté d'une fascination assumée pour les sonates de Bach et Chopin. Fugues polyphoniques, transpositions où les variations de la main droite poursuivent les arpèges hypnotiques de la main gauche (Shams, Dunes).

Que Wassim décline sur différents mètres lents. Les siennes sont de courtes compositions harmonieuses, très écrites. Son doigté en dépasse le jeu mécanique, y insuffle une réelle expressivité. Les silences à contretemps de la Sonate N°1 W.Y.S. n°10 sont par exemple autant d'expirations tronquées à dessin. Musicalement, la sonate évoque plutôt la Petite Sirène de Pierre-Arnaud de Chassy-Poulay.

Une esthétique puriste, exempte de sentimentalisme et de trucs. Nombre de thèmes de Bach to Beirut, rebaptisés, sont réécrits ici pour piano seul. La musique y gagne essentiellement en intimité : l'écho narcissique du piano lent, façon Eric Satie, dégage une énergie positive manifeste. A l'exception du second thème de Trim Trac, l'orientalisme cède partout à cette composition moderne.

Fortuitement, les accords sages, parfois sombres, ainsi tricotés, ont des échos persistants de Yann Tiersen (Dunes, Parfum de pluie, Aube (part I)) ou de Vincent Delerm (Lost in Lebanon). Tous deux apôtres pointillistes du spleen feint en clair obscur.

Un an plus tard, l’album Dunes (2010) bouclait le triptyque avec de nouvelles versions, revisitées cette fois ci en duo avec la voix de Sienna Dahlen.

Avec cet album studio, la série Moucharabieh conjugue avec audace sa vocation exploratoire de la collection IMA. Ticket pour l’inconnu. Le voyageur apaisé s'y égare un peu, oubliant effectivement où il est. Mais n'était-ce pas l’effet recherché?

Par Pierre D’Hérouville | akhaba.com

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