Wang Li - Rêve de sang (2010)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/04-12/wangli_revedesang_front.jpg Rêve de sang par Wang Li 3341348601977

Le prodige chinois de la guimbarde et de la flûte à calebasse tire de ses instruments des musiques hallucinantes, parfois des sortes de voix humaines ou animales.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 13
Type de produit: 
Album
selection akhaba.com

Rêve de sang

label: 
Date de parution: 
2010
Réf
types de supports: 
Digipack
3341348601977
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Dix-huit morceaux, de 0,27 à 6,16 secondes. C’est ce que propose Wang Li pour se familiariser avec ses outils de prédilection, la guimbarde chinoise, la flûte à calebasse, essentiellement. Et c’est captivant. Il y a ici une fascination presqu’enfantine, comme celle que provoque le didgeridoo australien. Quelque chose qui nous fait remonter au fond des âges quand on écoute notamment Dong ting (du nom d'un grand lac chinois) et ses vibrations hallucinantes de guimbarde presque humaine, comme les voix diphoniques de l’Himalaya. Wang Li fait carrément chanter son instrument. Le chamanisme n’est pas loin. En Bambou 3, la flûte calebasse commence méditative, zen, et finit par résonner entre chien et loup !

Parfois, les vibrations planantes font croire que le prodige joue de deux ou trois instruments simultanément, à l’exemple des souffles tourbillonnants du morceau Humide 1. Une composition qui fait tourner la tête, tout comme cette sorte de scie lancinante de la mélodie (?) Aux Abysses, qui succède à un tocsin aux allures bouddhiques. En arrivant seul à Paris au début des années 2000, diplômé d’université, refusant le travail que ses parents lui destinaient, Wang Li a trouvé refuge après des mois d’errance auprès de moines séminaristes d’Issy-les-Moulineaux. Trois ans d’ascétisme qui lui ont fait certainement trouver sa voix intérieure, la musique et un sens du dépouillement extrême. Il joue des compositions nues, un rappel de son existence monacale, peut-être. Des musiques qui savent aussi se nourrir des sons de la nature comme ceux joués sur Poisson sans identité, malgré un soupçon d’air chinois. Des racines que l’on retrouve sur l’étonnant, souvent guttural, Une Lotte de mer épineuse !

A ses improvisations déjà fantasmagoriques, Wang Li ajoute du mystère avec des titres désignant des organismes méconnus, presque énigmatiques, à l’exemple de Les Radiolaires, Calmar bijou, Ver de Pompéi, ou Poisson chouette, le morceau le plus court de l’album et non le moins surprenant avec sa guimbarde qui sonne quelque part entre les cordes d’une contrebasse imaginaire ou les frappes graves d’un cymbalum frappées par une baguette habitée. Encore plus déroutant, Mascaret est une expérience insensée des limites de la guimbarde. La véritable musique chinoise est gardée pour la fin par une flûte spirituelle, nostalgique, qui semble contempler la beauté de la nature et ses miracles jusqu’à être saisie de transe. Cela s’appelle Tourbillon.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

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