Ustad H. Sayeeduddin Dagar - Chant dhrupad à Vézelay (2007)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/02-12/dagarvezelay_front.jpg Chant dhrupad à Vézelay par Ustad H. Sayeeduddin Dagar 3259130176230

Appartenant à la dix-neuvième génération d’une dynastie de chanteurs de dhrupad, le maître indien réalise une prodigieuse immersion dans un état méditatif invoquant les divinités.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album
selection akhaba.com

Chant dhrupad à Vézelay

label: 
Date de parution: 
2007
Réf
types de supports: 
2xCD
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Alors qu’il tombait progressivement en désuétude, le genre dhrupad n'a pas totalement disparu en Inde au XXe siècle, sans doute grâce à la ténacité de la famille Dagar, garante de sa transmission depuis des siècles, fondatrice de sa propre « école », la dagarvani. Appartenant à la dix-neuvième génération de cette dynastie musicale, Ustad (maître, en arabe) H. Sayeeduddin porte très haut la dimension purement dévotionnelle de cet héritage familial, une prodigieuse immersion dans un état méditatif invoquant les divinités, en l'occurrence hindouistes (et qu'importe si les Dagar sont musulmans). Selon la légende, le dhrupad aurait été chanté déjà à l'époque védique (XVe siècle avant J.-C.) dans les temples.

Au XXIe siècle, le 31 juillet 2005, c’est un autre lieu sacré qui accueille le dhrupad, le très grand narthex de la basilique Sainte Marie-Madeleine de Vézelay (Yonne) où Ustad Sayeeduddin transforme le mythe en réalité en interprétant le Raga Jogia, face à l'autel, le dos tourné au public. Cette attitude n'a rien d'une posture, pas plus que les ornementations et les vocalises virtuoses ne sont autorisées dans le chant dhrupad où il est exigé du chanteur qu'il adhère impérativement à la forme du raga. Tout l'art dispensé par Sayeeduddin Dagar réside dans cette double exigence de concentration sur les timbres et inflexions vocaux méticuleusement mesurés pour parvenir à l'intonation parfaite.

L'introduction mélodique et arythmique du mode alap tient une place privilégiée dans le dhrupad, en même temps qu'il livre pleinement sa nature cosmogonique. Le dhrupad est le chant de l'abandon par excellence dans un monde enveloppant de vibrations, de nuances millimétrées. A Vézelay, Ustad Sayeeduddin investit, outre le Jogia, trois autres ragas, Bhopali, Chandrakauns et Gunkali, accompagné par trois joueuses de tampura et par Pandit (maître, en hindi) Mohan Shyam Sharma, joueur renommé de pakhavaj, tambour biface d’Inde du Nord, percussion privilégiée du chant dhrupad, plus tellurique mais non moins subtile que le tabla.

L'intégralité du concert est reproduite sur ce double CD à la qualité sonore exceptionnelle. Les érudits et spécialistes se délecteront des très doctes notes du livret qui décortiquent la structure de chaque raga. Les moins ou non initiés aux arcanes théoriques de la musique hindoustani se laisseront envoûter aisément par le timbre du maître Sayeeduddin, les frappes enjôleuses de Mohan Shyam et les capiteux bourdons des tampuras. Ici, l'appel du divin devient vite palpable.

Par Stéphane Fougère | Ethnotempos, février 2010

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