Tlahoun Gèssèssè - Ethiopiques 17 (2004)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/06-13/tlahoungessesse_ethiopiques17_front.jpg Ethiopiques 17 par Tlahoun Gèssèssè 3307518226623

Consacré durablement par le public éthiopien dans les années 1970, Tlahoun Gèssèssè fut l’un des premiers chanteurs à succès de l’éthio-jazz.

"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album
selection akhaba.com

Ethiopiques 17

Date de parution: 
2004
Réf
types de supports: 
CD
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« Enregistrez ma voix pour me pleurer (...) Qu'elle soit préservée / Ma voix est mon histoire. » Consécration ou prémonition ? Dans les années 1970, le chanteur Tlahoun Gèssèssè (1940-2009) ne partageait le devant de la scène éthio-jazz qu'avec la chanteuse Bzunèsh Bèqèlè. A l'avant-garde des orchestres institutionnels d'Addis-Abeba.

Tlahoun, c'est un peu Otis Redding ; selon le principe bien connu des vieux pots pour les meilleures soupes, on redécouvre la fraicheur de sa période 1970-1975, qu’avaient émoussée les reprises.

L’unanimité de son succès reposait sur la même émotion communicative que les Immortels du label Stax : à coup de titres évocateurs « Souviens toi de moi quand je mourrai », « Elle s'en va, je la suivrai », sa fragilité étudiée trouvait une résonnance particulière dans le public. Si le swing appelait à la danse, ses textes parlaient au cœur avec la naïveté feinte qu'on connait aujourd'hui à Amadou & Mariam. « Comment vas-tu ma fleur? / J'ai perdu ton adresse / où puis-je te trouver? »  Entre morale et confidence, ils insufflaient aux couplets un double-sens politique à propos, hermétique aux auditeurs d'aujourd'hui. Le livret les resitue dans la chronologie révolutionnaire des années 70.

Sur le plan musical, le swing prime sur la nonchalance sirupeuse. Recyclant trémolos, soul old school endiablée (Seqo mènor, Ras-hen betcha), sa voix vampant Screaming Jay Hawkins (Lantchi biyé) ou clin d'œil au style New-Orleans, Tlahoun multiplie les ambiances inattendues. Cette variété d’arrangements s’explique notamment par l’utilisation des différents orchestres officiels éthiopiens de l’époque, où les cuivres ont la part belle, comme l’Imperial Body Guard Band, l’Army Band, ou l’Exhibition Band.

Mais aussi par le talent moderniste d’un Mulatu Astatqé, tout juste rentré au pays après dix années d’études musicales en Angleterre et aux Etats-Unis ; pour exemple, Girma Bèyènè, le pianiste du All Star Band mené par Mulatu, illumine Tezalègn yètentu d'un rayon salutaire d’énergie à la James Brown. Dans la même veine, la boucle hypnotique de Kulun mankwalèsh donne à son thème traditionnel un tour particulièrement moderne. Elle est aussi totalement revisitée, quelques plages plus loin, à la guitare électrique chargée d’effets wah-wah, dans une seconde version déconstruite datant de 1974. 

La période tardive de Tlahoun fera bientôt, tout comme le genre qaarami du Somaliland, un écho mimétique aux orchestres soudanais actuels. Et le filon est loin de s'être tari. Ses refrains immortels se prêtent magnifiquement à de nouveaux arrangements. Ainsi, repris au krar électrique en version azmari, Aykèdashem lebé et Lantchi biyé ont atteint leur paroxysme d'émotion avec l’interprétation de Mohammed Jimmy Mohammed, phénoménal chanteur aveugle du circuit des bars d’Addis-Abeba, et grand spécialiste du répertoire de Tlahoun « The Voice » Gèssèssè.

Par Pierre D’Hérouville | akhaba.com

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