Tibet - Chansons des six hautes vallées (2004)

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Sherap Dorjee et son groupe exilés en Inde sauvegardent avec bonheur la musique d’une région tibétaine riche d’une culture menacée par la politique de sinisation forcenée.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album

Tibet - Chansons des six hautes vallées

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Date de parution: 
2004
Réf
types de supports: 
CD
3259130167849
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Froid et ensoleillé, telle était apparemment la météo au Ladakh quand Boris Lelong, fondateur de l’association française Altamira (vouée à la valorisation artistique en milieu rural), y est allé une nouvelle fois enregistrer Sherap Dorjee, le virtuose du luth tibétain kovo, exilé dans cette région de l’Himalaya indien. Dans ce CD, le musicien centre son propos sur les mélodies de l’extrême Ouest tibétain, celles du Thot Tso Yul Duk. Ces six hautes vallées connues pour être les plus élevées du Tibet et riches d’une culture méconnue, provenant de l’ancienne civilisation du Shang Shung d’où le groupe de Dorjee tire son  nom. Une culture qui remonte aux premiers siècles de notre ère, menacée d’extinction par la politique de sinisation forcenée que mène le pouvoir chinois depuis plus d’un demi-siècle.

Natif de l’une des six vallées et maître du kovo, instrument à trois cordes et véritable emblème de cette région, Sherap œuvre à la sauvegarde de cet héritage culturel, accompagné ici par une chorale de trois chanteuses de Thot Tso Yul Duk. Il fait aussi valoir en soliste son jeu complexe sur un luth rustique. Ce disque met en évidence la richesse lyrique des chansons montagnardes imprégnées d’une spiritualité vécue au quotidien, qu’elles évoquent la fierté de l’apprentissage de l’alphabet, le faste des cérémonies du Nouvel An ou les romances impossibles. Certains chants sont des hommages plus directs à la culture tibétaine bouddhique. D’autres, plus contemplatifs, célèbrent le paysage aux altitudes neigeuses, lacs lumineux, et renferment une profonde symbolique cosmogonique. On remarquera également un singulier chant-dialogue très ludique qui oblige le musicien à jouer avec son kovo dans le dos !

Sur certains morceaux interviennent Pema Thinley, ami d’enfance de Sherap, à la flûte lingbu, et Tsesum Dolme, joueuse de cithare gyumang. La quasi-intégralité de l’instrumentation traditionnelle des six hautes vallées est ainsi représentée. La seule concession à la modernité, ici bien relative et de bon aloi, réside dans l’utilisation d’un jerrycan en lieu et place des tambours daf et dhol pour rythmer une danse. La production, assurée par l’association Altamira, est impeccable de bout en bout, jusqu’au livret donnant de précieuses informations sur la culture de l’Ouest tibétain, sur chaque plage musicale et sur des chansons qui réchauffent l’âme quand le temps est froid mais ensoleillé.

Par Stéphane Fougère | Ethnotempos, mars 2004

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