Southern and Central Malawi - Nyasaland 1950 '57 '58 (2000)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/04-13/southerncentralmalawi_front.jpg Southern and Central Malawi - Nyasaland 1950 '57 '58 par 9789077068113

Une compilation menée de main de maître où l'on entend notamment, au milieu d'un passionnant foisonnement musical, la cithare bangwe, aujourd'hui presque disparue.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 13.5
Type de produit: 
Album

Southern and Central Malawi - Nyasaland 1950 '57 '58

label: 
Date de parution: 
2000
Réf
types de supports: 
CD
9789077068113
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Hugh Tracey rêvait que son travail de collecte des musiques africaines fasse office de révélateur, auprès de tous, de leur remarquable diversité. Avec le recueil de ces enregistrements datant des années 1950, preuve est faite de sa réussite.

SWP Records regroupe sur ce disque une partie des prolifiques enregistrements qu'il réalisa dans le centre et la partie Sud du Malawi auprès de trois groupes ethniques : les Chewa qui constituent le groupe le plus important de la région, lointains descendants de migrants originaires du bassin congolais qui peuplèrent la région au XVe siècle ; les Manganja, qui forment une des branches éloignées de ce groupe, et les Yao, également nombreux dans la région.

Le premier mérite de cet opus de SWP Records est de réussir à offrir un panorama nuancé des musiques de la région dans les années 1950, nous permettant de cerner leur relative unité sans évacuer leurs spécificités.

Et ces spécificités sont tout à fait sensibles. Il suffit par exemple de constater la différence notable de jeu de la cithare bangwe entre la première partie dédiée aux Manganja et celle dédiée aux Chewa, différence frappante qui nous plonge dans deux univers tout à faits différents, dont le second semble nettement plus inquiet.

Le disque s'ouvre sur plusieurs pièces musicales des Manganja, accompagnées notamment de bangwe, très répandu alors dans la région. Plus loin, l'auditeur ne manquera pas d'être frappé par les ensembles de percussions accordées, appelées likhuba, dont les rythmes frénétiques peuvent être joués seuls ou accompagner le chant.

Il suffit, pour avoir une idée des splendeurs de ce disque, d'en savourer la magnifique piste 21, Ine ndidandaula, un chant féminin en écho qui accompagne le battement du mortier pilant le grain, et qui utilise la technique vocale du yodel, très répandue dans la vallée du Zambèze.

On le voit, faire un inventaire complet des pistes du disque et des musiques si variées qu'il présente, ne semble ni souhaitable ni utile : cette compilation couvre une si vaste étendue sonore, que ce à quoi elle semble appeler, c'est à une traversée surprise, sans fil d'Ariane.

L'auditeur se trouve emporté successivement auprès de xylophones ulimba et magogodo, puis au milieu d'un orchestre de kazoos malipenga, d'une chorale réunie pour un chant de mariage ou à l'occasion d'un rituel d'initiation.

Pour qui se laissera ainsi ballotter, nul doute que la curiosité laissera la place à l'émerveillement.

Par Léo Machelart | akhaba.com

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Mots Cles
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