Soul Of Angola (2001)

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Chants poignants, guitares déroutantes, cette anthologie de la musique urbaine d’Angola de 1965 à 1975 est indissociable du contexte que traverse alors le pays.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 15
Type de produit: 
Album

Soul Of Angola

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Date de parution: 
2001
Réf
types de supports: 
2xCD
3567253623921
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Comme l’écrit remarquablement le journaliste de RFI Léonard Silva dans le livret accompagnant les 40 chansons de ce double CD publié en 2001, cette anthologie de la musique moderne angolaise de 1965 à 1975 est impossible à dissocier du contexte politique de cette décennie que traverse l’Angola, premier pays d’Afrique à subir l’envahisseur européen dès le XVe siècle. L’un des territoire du continent des plus martyrisés pour acquérir son indépendance de l’empire du Portugal en novembre 1975.

Alors que la lutte armée de libération a commencé en 1961, la résistance culturelle passe en douceur à travers des chansons d’amour, de critique sociale, défendant une angolanité qui rejette la petite ouverture aux cultures indigènes que tente Antonío de Oliveira Salazar (1889-1970), trente-six ans de pouvoir fasciste. Le dictateur portugais subit alors la pression internationale quand l’Onu condamne dès 1962 les massacres perpétrés par son armée et reconnaît le droit des Angolais à l’indépendance favorisée par la révolution des Œillets d’avril 1974 au Portugal, qui a balayé le régime de son successeur en 1968 Marcelo Caetano (1906-1980).

A côté des percussions et dikanza traditionnelles, c’est la guitare électrique qui reste l’instrument souverain de ce florilège urbain basé sur des rythmes de danses anciennes, le semba, la kazukuta, le kabetula, la cidralia, la dizanda, la maringa, la varina ou le rebita, plus récent, des pêcheurs de la capitale Luanda. Alors que le rock et la pop libèrent tant de cultures de la planète, la jeunesse des musseques, les bidonvilles angolais, intègre elle aussi cette première mondialisation musicale.

Cette anthologie est en fait un véritable hymne à la guitare électrique angolaise, à ces pickings déroutants, ces riffs tourbillonnants, à des joueurs extraordinaires comme Mario “Marito” Arcanjo du groupe Os Keizos, Zé Keno des Jovens do Prenda ou Carlitos Vieira Dias.

Ce dernier est fils du fameux Liceu Vieira Dias (1918-1994), fondateur en 1947 de l’orchestre pionnier de la modernisation musicale du pays avec guitares acoustiques et n’gomas (congas angolaises), Ngola Ritmos. Liceu, également un des fondateurs du Mouvement Populaire pour la Libération de l'Angola (MPLA), a été enfermé plus de dix ans au tristement célèbre bagne de Tarrafal au Cap-Vert.

Ce recueil dit aussi ce que la musique urbaine angolaise doit à la rumba congolaise voisine, aux rythmes afro-latins comme le merengue de Saint-Domingue. Une anthologie foisonnante avec des chanteurs poignants et des musiciens d’exception, comme Luiz Visconde, Minguito, Artur Nunes, David Zé, Urbano de Castro, aux destins parfois tragiques dans un pays déchiré par trente ans de guerre civile.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

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