Soft - Kadans a péyi-la (2005)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/10-11/soft_kadanspeyi_front.jpg Kadans a péyi-la par Soft 3760051132828

Le trio guadeloupéen a fait sensation aux Antilles avec ce premier disque de ballades douces-amères égratignant quelques travers sociaux et mal-être des îles.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album

Kadans a péyi-la

label: 
Date de parution: 
2005
Réf
types de supports: 
CD
3760051132828
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Le trio guadeloupéen a fait sensation avec ce premier disque paru en 2004 aux Antilles où il s’est écoulé à plus de 10 000 exemplaires en à peine quatre mois : du jamais vu sur les îles depuis Kassav’. Pourtant Soft ne compose pas du zouk, mais des ballades douces-amères, des musiques de troubadours modernes, Fred Deshayes (chant, guitare acoustique), Joël Larochelle (contrebasse), Philippe Sadikalay (saxophone). Le trio est épaulé par Didier Juste (percussions) qui a commencé tout jeune avec le mythique Vélo, alias Marcel Lollia (1931-1984), maître du gwoka. Soft revisite la culture de son terroir, la tête pleine de jazz, de nova trova cubaine ou de chanson trouvère haïtienne. En fait, l’auteur compositeur Deshayes (prof de droit à la fac de Pointe-à-Pitre, dans le civil) fait le procès de quelques consensus antillais quand il s’en prend au supposé mal-être guadeloupéen. Pour lui, et d’autres, il faut que les Antillais reconnaissent qu’ils descendent à la fois des bourreaux et des victimes de la déportation africaine et qu’ils sont tous coupables de Krim kont la Gwadloup avec leur tentation de la haine de soi. Guitare sobre, une percussion ka, une bonne dose d’ironie, Fred fustige l’assistanat économique, la prime à la médiocrité, en douceur, inspiré par les veillées léwóz dans ce titre qui a lancé le groupe. Soft revitalise une voie musicale ouverte par le quatuor K’Koustik, Guy Conquète, Dominique Coco ou Eric Cosaque qui ont redonné une actualité au rythme traditionnels des îles guadeloupéennes, le gwoka.

Fred Deshayes et ses amis renouent délicatement avec les racines créoles, à coup de mélodies tendres et émouvantes, remettant à l’honneur la biguine à l’exemple de… Biguine, un charme développé avec l’aide précieuse du banjo de Ramon Pymé et de la batterie de Jean-Philippe Fanfant, enfant d’une dynastie réputée de musiciens guadeloupéens dont son frère, le bassiste Thierry Fanfant. Timbre de crooner chevronné malgré son jeune âge, trente-deux ans au moment de l'enregistrement de cet album, Fred chante des cadences gracieuses, un peu relevées comme le très jazzy Gadé yo où il évoque l’esclavage, en référence au Discours de la servitude volontaire, le fameux réquisitoire écrit au milieu du XVIe siècle, à dix-huit ans, par La Boétie (1530-1563) contre l’absolutisme. Le chant de Fred a ici des allures de sanglot, alors que Lafrik ka kryé mwen reste un attachement émouvant et serein au continent noir. Soft réussit aussi une remarquable reprise, portée essentiellement par le saxo et le ka, entre prière et berceuse, Jean Fouyé de Robert Loyson (1928-1989), autre légende du gwoka.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

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