Sikinde vs Ndekule - Une bataille d’orchestres à Dar Es Salaam (2013)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/01-14/sikindevsndekule_front.jpg Sikinde vs Ndekule - Une bataille d’orchestres à Dar Es Salaam par 3341348602417

Ce 3e épisode Zanzibara de l’épopée du Mlimani Park Orchestra relate la compétition effrénée de hits auquel il se livra de 1984 à 1987 avec son clone, l’International Orchestra Safari Sound.

"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album
selection akhaba.com

Sikinde vs Ndekule - Une bataille d’orchestres à Dar Es Salaam

Date de parution: 
2013
Réf
types de supports: 
CD
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Dans les pas de la série des Ethiopiques, la collection Zanzibara érige pierre à pierre une véritable épopée contemporaine de la « muziki wa dansi » urbaine de Tanzanie. Elle met en narration trois décades de la scène de Dar Es Salam, autour, notamment, du Mlimani Park Orchestra –  « Orchestre du Parc ‘dans’ la Montagne », ou MPO –.

Depuis 1970, guitares saturées à la congolaise et danses chaloupées prospéraient dans les clubs de la ville portuaire. Pour tanguer nonchalamment, genres urbains et romances en swahili s’accommodèrent successivement de la rumba cubaine – cf Ujamaa le son des années 60 en Tanzanie (2007) – puis de la musique centrafricaine – cf Hot in Dar - Le son de la Tanzanie 1978-1983 (2009) –.  

A l’initiative de cinq de ses musiciens, la ‘Montagne’ accoucha d’un clone, l’International Orchestra Safari Sound (IOSS), sous le double signe de la trahison et de l’émulation. Avec le leadership de la scène de Dar Es Salam pour enjeu. Le CD Sikinde vs Ndekule retrace les trois années de cette rivalité, de 1984 à 1987.

Dès 1984, les deux orchestres se toisent tels deux coqs. Pour conquérir le public, ils s’invectivent par hits interposés. Un à un, le livret compte les points. Sur le plan musical, l’influence soukouss est prégnante : le style MPO des années 1980, mélange de chœurs sirupeux et de cuivres confondants, atteint son apogée. Les voix de tête façon Hassani Bitchuka (Sauda, Mume Wangu Jerry) côtoient des arrangements latinos inattendus, entre musique mariachi (Usilipuke Kucheka) et son cubain (Homa Imenizidia).

Si les deux orchestres échauffaient toujours le public avec de chatoyantes mélodies (Mtoto Akililia Wembe, Sauda), la surenchère est plus flagrante après le break habituel, ou chemko, dont l’accélération soudaine libère l’énergie contenue des danseurs. Là où le Sikinde Ngoma Ya Ukae, un beat ethnique du peuple Zaramo, détourné, faisait originellement merveille dans les chemko du MPO, le chanteur Muhiddin Maalim Gurumo entreprit, dès son arrivée à l’IOSS, d’en profaner un second : ce fut le Ndekule. Conçu pour les danseurs, ce style plus enlevé dynamitait littéralement les chemko par sa fébrilité communicative. Les solos de guitare (Chatu Mkali, Homa Imenizidia), généreux, en défiaient le Sikinde. Sans surprise, le Ndekule devint et resta le style à la mode des années 1985-1986.

Les ripostes Sikinde du MPO furent remarquables, dans la continuité musicale du fascinant Zanzibara 5 Hot in Dar. Ainsi bonifié, l’orchestre a survécu à l’IOSS. Etonnamment, le son de ses hits n’a pas pris une ride, ce qui augure d’excellentes suites à ce Sikinde vs Ndekule.

Par Pierre D’Hérouville | akhaba.com

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