Sia Tolno - My Life (2011)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/09-11/siatolno_mylife_front.jpg My Life par Sia Tolno 3567255626821

Ce nouvel enregistrement de la sensation guinéenne est la réalisation d’une belle promesse, une voix incandescente épaulée par des as de la guitare, de l’orgue, du saxo.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album
selection akhaba.com

My Life

label: 
Date de parution: 
2011
Réf
types de supports: 
Digipack
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Assurément, Sia Tolno tient de la Sud-Africaine Miriam Makeba (1932-2008) et des grandes divas américaines du jazz et de la soul. La jeune Guinéenne en a certainement la nostalgie et le feeling, notamment quand elle chante en anglais. Il suffit d’écouter, par exemple, Polli Polli (le coureur de jupon). Une voix robuste et brûlée qui enrage, dénonce, harangue.

Un vibrant appel à l’émancipation des femmes africaines que soutiennent le saxo de Mamadou Barry, fondateur du légendaire groupe Kaloum Star à la fin des années 1960 à Conakry, l’orgue Hammond du poly-instrumentiste François Bréant. Cette griffe reconnue, notamment auprès de Salif Keita, réalise et arrange subtilement ce second album international de Sia, fidèle au label parisien Lusafrica depuis le disque Eh Sanga (souffrance) en 2009.

Enregistrées au studio de Mory Kanté à Conakry, ces douze chants sont aussi imprégnés par les courbes délicates, les pincements vifs de la guitare de Mamadou Camara, autre ancien du Kaloum Star. Dans Ayiboh (au bord de la mer), Sia Tolno invite voluptueusement à danser sur des mesures afrobeat où un autre saxophoniste, Nicolas Guéret, prend un plaisir contagieux à jouer alors que le Hammond de Bréant nous fait partager sa saudade du son de l’orgue rhythm’n’blues des sixties.

La musique regarde aussi du côté du funk. Le rythme de la ballade Blind Samaritan (le Samaritain aveugle), une des plus belles chansons du disque, semble un gospel inspiré par les doux balancements d’un accordéon complice d’une frappe tout aussi tendre. On retrouve cette fraternité émouvante sur Tonia (la vérité), renforcée cette fois par les doigts véloces de Mamadou Camara à la guitare tandis que Sia pleure une soul sans frontière.

Parfois, les limites entre les genres sont complétement brouillées comme en témoigne Shame Upon U (honte à toi) où sont remarquablement brassés trois cadences majeures d’Afrique, makossa camerounais, rumba congolaise, afrobeat nigérian dans cette ultime titre de l’album, improvisation amère d’une femme lassée par les guerres et la pauvreté sur son continent.

Pourtant le disque s’est ouvert par une invite optimiste à la fête, Blamah Blamah,une célébration des traditions musicales africaines que  sublime balafon, sax, guitare, basse, congas. C’est la joie que vit actuellement la chanteuse qui a grandi au Sierra Leone, souffert de la violence, de l’exil. Ce disque se déroule exactement à l’envers de la vie de Sia.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

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