Sia Tolno - Eh Sanga (2009)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/07-11/siatolno_sanga_front.jpg Eh Sanga par Sia Tolno 3567255623028

Ce premier album international de cette jeune voix guinéenne comparée à Miriam Makeba chante des musiques raffinées, quelque part entre Cuba et sa tradition kissi.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album

Eh Sanga

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Date de parution: 
2009
Réf
types de supports: 
Digipack
3567255623028
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Dans les années 1960, le président Ahmed Sékou Touré (1922-1984), père (fouettard) de l’indépendance de la Guinée (Conakry), a honoré la Sud-Africaine en exil Miriam Makeba (1932-2008) de la nationalité guinéenne. Aujourd’hui, la Guinéenne Sia Tolno est souvent annoncée comme l’héritière spirituelle de sa prestigieuse aînée. Cela se confirme dès la première chanson de ce premier album internationale de la chanteuse trentenaire, originaire du pays kissi, pluvieux et forestier, près du Liberia et de la Sierra Leone où elle a grandi auprès d’un père qui y enseignait le français.

Le titre initial chanté en anglais, African Dreams, montre le timbre énergique, profond, de Sia, sur une musique un peu africaine et beaucoup cubaine, une charanga menée par la belle flûte d’Orlando Joaquin. Le disque a été essentiellement enregistré à Conakry et quelques instruments additionnels captés à La Havane, Paris et Mindelo, Cap-Vert. Marqué essentiellement par les cordes, guitare, basse, kamele n’goni, synthé, on y retrouve l’accordéon malgache du Parisien Régis Gizavo, le piano capverdien de Nano Andrade, l’actuel chef d’orchestre de la diva Cesaria Evora. Cette douzaine de chansons porte la griffe de deux figures illustres de la musique moderne d’Afrique, deux Guinéens : l’un des meilleurs guitaristes du continent Kanté Manfila aux arrangements, ancien patron des Ambassadeurs à Bamako, Mali, et le saxophoniste Mamadou Barry, fondateur du tout aussi mythique Kaloum Star à Conakry.

Elevée aux voix de Miriam Makeba, bien sûr, Edith Piaf (1915-1963) et Nina Simone (1933-2003), Sia possède la façon de chanter des trois divas, où se mêlent la rage et le sanglot comme en témoigne son titre Eh Sanga, la souffrance, en langue kissi, une musique de piano, de cordes, un chant grave et aigu, un registre impressionnant. En français, elle chante L’Homme qui vient de loin, un morceau entêtant, mélancolique, frissonnant ; un saxo nostalgique, piano et guitare cubains accompagnent ses paroles sur la guerre, la pauvreté, l’exil.

L’artiste parle aussi de mariages forcés, d’excision, d’esclavage, et chante la paix, l’unité, l’amour avec Je chante dont les paroles en français ne sont, malheureusement, pas à la hauteur de la musique lumineuse, sophistiquée. Il en reste la voix chaude de Sia Tolno, bien exprimée sur La Houngue, un chant porté par une note douce et lancinante de balafon, un piano captivant.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

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