Serendou - Avel an douar (2011)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/12-12/serendou_avelandouar_front.jpg Avel an douar par Serendou 3359340154728

Avec flûtes peule et traversière, calebasse, le trio nigéro-breton inaugure une formule à la fois plus intimiste et minimaliste dans les métissages afro-celtiques.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album
selection akhaba.com

Avel an douar

label: 
Date de parution: 
2011
Réf
types de supports: 
Digipack
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Les métissages entre les cultures africaines et celtiques ont déjà une certaine histoire. Mais, le trio nigéro-breton Serendou inaugure une formule à la fois plus intimiste et plus minimaliste.

Avec sa flûte traversière en ébène, Jean-Luc Thomas est connu pour ses recherches sur la matière bretonne et ses ouvertures sur d'autres musiques du monde. Yacouba Moumouni, le chanteur fondateur de Mamar Kassey, le groupe ethno-fusion de Niamey, se consacre cette fois à la flûte peule. Les deux flûtistes sont rejoints par un grand connaisseur des rythmes du Sahel, Boubacar Souleymane à la calebasse.

Initié en 2006 à l'occasion du festival de la Seine-Saint-Denis, Africolor, Serendou a attendu quatre ans pour enregistrer son premier disque, Avel an douar (qui signifie fort judicieusement le vent de la terre). Riche d'une complicité accrue par plusieurs concerts, résidences et voyages, le trio s'écoute comme on lirait un carnet de route, une navette sans cesse entre Bretagne et Niger : chanson haoussa, airs de danse du Pays gallo ou du Pays vannetais, chanson peule, gavotte, danse zarma, thème gourmantché.

Certains morceaux sont même conçus comme des suites, enchaînant thèmes bretons et nigériens (Bandaberi/Lamourou, Marche de l'entremetteur/Djoua Djoua, Hanter dro, Tour Arenia). C'est dire si la musique de Serendou est parée de plusieurs couleurs rendues avec énormément de subtilité et de dynamisme.

Néanmoins, à ceux qui jugeraient la formule flûtes-percussion un brin trop monotone, Serendou a déjà anticipé un élargissement de son spectre instrumental. Yacouba fait entendre son timbre de voix et s'empare du kamélé n'goni sur La Famille et Daneedjo. Boubacar vocalise sur la chanson peule Les 7 Saints. Jean-Luc distille quelques lignes électroniques diverses, une confrontation perdue d'avance face à la calebasse sur Diom Serendou.

L'usage de musique électronique pourrait faire tiquer certains. Leur signaler qu’elle reste assez discrète n'arrangera peut-être rien à l'affaire, car cela ne manquera pas d'apparaître comme un choix artistique timoré ou stérile.

Il faudra donc se satisfaire de la discrétion de ces programmations, et l'on appréciera d'autant plus la spatialisation effectuée sur les sons des flûtes, alors que la calebasse préserve un ton sec. Au royaume de Serendou, les flûtes sont de toute façon reines. C'est avec délectation qu'on les suit dans leurs baguenauderies mélodiques et enivrantes.

Par Stéphane Fougère | Ethnotempos septembre 2011

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