Sabri Moudallal - Chants d’Alep (1999)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/05-13/sabrimoudallal_chantsalep_front.jpg Chants d’Alep par Sabri Moudallal 794881504923

Un concert éblouissant de Sabri Moudallal, hymnode original et adulé, créateur prodigieux dans le style ancien de la musique savante d’Alep.

"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album
selection akhaba.com

Chants d’Alep

Date de parution: 
1999
Réf
types de supports: 
Digipack
794881504923
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«Dieu est grand». Bien avant les insurgés de la ville, l'appel inspiré du muezzin Sabri Moudallal (1918-2006) a longtemps résonné aux minarets de la vieille cité d’Alep. Les jardins et les demeures anciennes de sa médina médiévale inspiraient autant cet hymnode que les nostalgiques de l’ensemble Al-Kindî : tous chantaient encore la majesté de la vie citadine du vieux souk hors du temps, sur une musique classique compassée. C'était en 1994.

Le répertoire profane de Moudallal consistait en suites classiques wasla de pièces lyriques muwachchah, dawr et layali pour quartet (oud, qanun, kamanché, riqq). Fédérées par un mode, les pièces enchainées, nonchalantes (Yâ 'uyûnâ râmiyât), ne sont pas sans évoquer la tradition musicale du Takht ottoman ou des Chœurs soufis mevlevi de Turquie.  La poésie savante, chantée à tue-tête, se conjugue aux ornementations de qanun et de luth oud. De poèmes en louanges, l’emphase augmente au fil du chant jubilatoire.

A la façon du malhun, cette suite semi-savante s'enrichit par exemple de thèmes urbains populaires (Qudûd), thèmes légers scandés par le chant puissant de Moudallal. Arrangeur-né, les Aleppins ont longtemps adulé ses suites profanes, dont certaines sont devenues des classiques (Ahmad yâ habîbî), et sa voix de stentor, si claironnante sur les layali (Improvisation vocale layâlî, Yâ sâkinîn Bi-qalbî). Préservé du vedettariat, Moudallal participait, dès 1994, à la troupe Al-Kindî de Julien Weiss.

Les intermèdes instrumentaux non métrés, les taqsims (Improvisation sur luth, Improvisation sur qânûn et Interlude instrumental) perpétuent le mode et lient les pièces entre elles. Le présent concert révélait aussi le luthiste Muhammad Qadri Dallal, improvisateur prolifique (Improvisation sur luth) largement confirmé depuis.

Scandées à l’unisson, les louanges religieuses (Salawât, Yâ hâdî) inspiraient à Moudallal une variante profane d’inspiration religieuse de la suite : la wasla Mada’ih nabawiyyah.

Tragiquement, la vieille cité d’Alep n’a pas survécu à Sabri Moudallal, disparu en 2006. Le présent concert est devenu un vestige de la cité, désormais ravagée par les bombes. Augurons qu’à l’ombre de sa citadelle, mosaïques et suites renaîtront de ses ruines.

Par Pierre D'Hérouville | akhaba.com

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