Royal Band de Thiès - Kadior Demb (2012)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/03-13/royalbanddethies_kadiordemb_front.jpg Kadior Demb par Royal Band de Thiès 5213000760026

Des chansons commercialisées pour la première fois après leur enregistrement, il y 33 ans, par un groupe majeur de la révolution rock dans le mbalax sénégalais.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 15
Type de produit: 
Album

Kadior Demb

label: 
Date de parution: 
2012
Réf
types de supports: 
CD
5213000760026
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Soigneux et opiniâtre, le label gréco-dakarois Teranga Beat est toujours à la poursuite de diamants perdus. Il déterre cette fois une belle parure en cette compilation de titres qui viennent d’être commercialisés pour la première fois après leur enregistrement, il y a 33 ans ! Dans le livret du disque, le producteur athénien Adamantios Kafetzis raconte ce périple, son odyssée.

Une douzaine de perles prises en 1979 entre deux micros sur un 4-pistes au club de nuit Sangomar de Thiès, troisième ville du Sénégal, qui eut son heure de gloire quand elle servait de relais ferroviaire entre le port de Dakar, à 70 bornes, et une grande partie de l’Afrique de l’Ouest.

Une prospérité qui a fait les beaux jours, si l’on ose dire, de la vie nocturne de Thiès où a été formé en 1972 le Royal Band par le batteur Mapathe “James” Gadiaga, en faisant appel au chanteur Adama “Secka” Seck et à sept autres fines lames (guitares, basse, saxophones, tumba, percussions) pour planter les racines du mbalax rock que fructifieront plus tard les Youssou N’Dour et Omar Pène.

Ce disque alterne deux rythmes, la frénésie, l’exaltation, et l’indolence, la méditation. Cela commence vivement avec Chérie Coco, une composition de cuivres et de cordes électriques emportée par le tempo saccadé de la percussion bien ancrée dans la tradition. Elle galvanise cette chorégraphie insensée, ces pas de danse hors du temps, exprimés tel un défi : le mbalax.

Cette possession qui imprègne aussi Daghat où la batterie imprime une manière davantage moderne, relayée par des saxos plus incisifs. Une façon qui sent son assimilation du rhythm’n’blues et du swing jazz de l’autre côté de l’Atlantique, notamment sur Mariama, avec un mbalax plus ramassé, découpé, plus binaire. Un morceau fait pour la danse, à l’instar de Gossar, entrecoupé par les incursions rapides des cuivres.

Comme tous les autres groupes modernes du moment, le Royal Band de Thiès joue pour faire danser les clients des night clubs, de la vivacité en solo à la tendresse en couple. Des entrelacements favorisés par des saxophones qui étirent leurs notes, leur son passant de l’aigu à la douceur comme sur Ma Kodou Deguene où la voix de Secka semble psalmodier.

On retrouve cette impression de mysticisme avec Doudhane, déclamé telle une prière sur fond de saxos nonchalants, de guitares alanguies, une percussion flânant. Un blues contemplatif à deux voix, celle de Secka, mate et voilée, celle de James, fine et claire. Sur Sama Yaye Boye, c’est la guitare électrique qui domine alors que le chant de Secka passe de la clameur à la supplique. Sur Hommage à Mbaye Fall, c’est un lent saxo qui gémit et regrette.

Par Hadi Omar | akhaba.com

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