Renaud García-Fons - La Línea del Sur (2009)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/08-12/renaudgarcia-fons_la_lineadelsur_front.jpg La Línea del Sur par Renaud García-Fons 063757952725

Le contrebassiste parisien déploie brillamment ici ses multiples amours musicales, ses affinités culturelles courant des Amériques jusqu’en Asie et en Afrique.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 12.5
Type de produit: 
Album
selection akhaba.com

La Línea del Sur

label: 
Date de parution: 
2009
Réf
types de supports: 
Digipack
063757952725
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Détailler toutes les contributions de Renaud García-Fons excéderait largement la longueur impartie à cette chronique. Le Parisien d’origine catalane espagnole signe ici une dizaine de compositions qui concentrent ses multiples amours musicales où, outre ses propre racines, il s’est trouvé des affinités culturelles qui courent des Amériques jusqu’en Asie en passant par l’Afrique.

En fait, le contrebassiste invincible est un Méditerranéen de toujours et du futur : les hommes et les femmes de la Grande Bleue ont essaimé partout sur la planète leurs cultures et adopté en retour les vents du large.

Avec García-Fons, le brassage continue comme en témoigne le premier titre de cet album, La Línea del Sur où se chevauchent des lignes flamenco, milonga, tango argentin, rumba catalane, jazz, fusion. En fait une suite de trots limpides, étirés, de galops mats, courts. Une musique d’images qui imprègne la plupart des morceaux du disque.

Un album qui est aussi un poème dédié à son outil de prédilection, la contrebasse à cinq cordes caressée voluptueusement par l’archet, parfois bousculée, secouée pour dépasser ses limites. Les images ont ici le grain du noir et blanc comme les photos de Javier Arcenillas qui illustrent le livret avec leur sobriété franche et mystérieuse à la fois.

García-Fons ne compose pas que des instrumentaux mais aussi des rythmes pour le chant, le flamenco de troisième type d’Esperanza Fernández dont les vers (écrits par le compositeur) sont inspirés par le plus grands des poètes soufis, le Persan Rûmi (XIIIe siècle). Rappelons que Renaud est aussi complice de la dynastie de la percussion iranienne, les Chemirani.

Esperanza Fernández livre ici trois chants, le timbre voilé, lyrique (Caballera de mi amor), frissonnant comme des confidences pleines de secrets (El Agua de la vida), quand il ne s’agit pas d’une complainte douloureuse d’amoureuse désespérée (Enamorada).

En quartet, García-Fons et ses complices, David Venitucci (accordéon diatonique), Kiko Ruiz (guitare flamenca) et Pascal Rollando (cajon, bongos, djembé, shaker), tissent des mélodies reconnaissables et indéfinissables. La douce mélodie de Gare Saint-Charles reste un mélange inextricable de musique de chambre et de mesures orientalisantes que l’on retrouve aussi dans La Silhouette.

Alors que Valseria nous entraîne dans une sorte de milonga qui ne donne pas son nom tant l’interprétation du bal de la pampa est innovant, jazzy, tout en contretemps, saccadé et sensuel. Et puis, la musique d’Argentine est aussi une terre de brassage méditerranéen. Chez García-Fons court également une part de saudade.

Par David Marif | akhaba.com

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