Rabih Abou-Khalil - Arabian Waltz (1996)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/04-12/abou-khalil_arabianwaltz_front.jpg Arabian Waltz par Rabih Abou-Khalil 063757905929

Au croisement du maqam oriental, du jazz et de la musique classique ce disque du oudiste libanais est une musique de délectation, de contemplation et de jubilation.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 15
Type de produit: 
Album

Arabian Waltz

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Date de parution: 
1996
Réf
types de supports: 
Digipack
063757905929
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Musique de délectation, de contemplation et d’entraînement à la fois, ces six « valses arabes », toutes écrites et arrangées par le prodige libanais du oud, Rabih Abou-Khalil, sont aussi une musique étonnamment contemporaine à l’exemple de la piste Ornette Never Sleeps, hommage puissant à Coleman, à son jazz visionnaire. C’est comme si Rabih faisait sa révérence à quelques décennies d’intervalle au fameux Caravan d’un Duke Ellington orientaliste. Il y a aussi les esprits de Charlie Parker, de Thelonious Monk, autres génies de la note bleue, de la musique tout court, qui semblent planer sur cette œuvre inspirée par leur révolution du jazz, leur approche originale de la musique classique et autres cultures musicales.

Bien que conçu par Abou-Khalil, cet album enregistré en Allemagne est également celui du Balanescu Quartet. Le violoniste Alexander Balanescu, formé au classique, nourri de traditions de sa Roumanie natale, de musique tsigane, et ses complices, Clare Connors (violon), Paul Martin (viole), David Cunliffe (violoncelle), mêlent leurs cordes frottées de manière si évidente aux pincements de luth de Rabih que leur accord paraît si naturel. Comme cette Arabian Waltz qui ouvre le disque et où les cordes froncent, foncent dans une danse enlevée, et on ne sait plus si c’est celle d’une valse ou celle de derviches tourneurs.

Il faut dire aussi que le târ habile du Syrien Nabil Khaïat leur insuffle un mysticisme oriental qui transcende la simple rencontre d’univers musicaux apparemment différents, alors qu’il s’agit d’une même émotion. On la retrouve dès le morceau suivant, Dreams Of A Dying City, mais dans une situation plus méditative avec un brin de nostalgie, quelque part entre musique de chambre et salon de musique arabe où l’on savoure les ornementations audacieuses du maqam millénaire. Partenaire attitré d’Abou-Khalil, Michel Godard, lui, souffle souvent un air de gravité avec son tuba judicieux, notamment sur No Visa. Mais, il y a là aussi une pointe d’humour, un jeu de saute-frontière jubilatoire.

Par David Marif | akhaba.com

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