Prophet 31 - Soufis d’Algérie (2003)

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Ce florilège de chœurs pieux rares d’Algérie a été capturé hors des sentiers battus, aux sources régionales du soufisme shadhilite réformé.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 13
Type de produit: 
Album
selection akhaba.com

Prophet 31 - Soufis d’Algérie

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Date de parution: 
2003
Réf
types de supports: 
CD
028947250326
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A l'automne de ses pérégrinations en Afrique, le musicologue Charles Duvelle s'est ému, à juste titre, du chant soufi à Mostaganem (Algérie). Ecart de parcours pour un terrain finalement peu étudié depuis la décolonisation. Des enregistrements réalisés en 2001 en marge des festivités du Mouloud, dans la ville portuaire.

L'unique Sama des Issawiya folklorique – faqirs thérapeutes appelés « Aissawa » au Maroc – détonne, tant par ses chalumeaux ghaïta que par ses chants festifs de procession. Car la compilation restitue bien davantage de genres cantillés des confréries soufies (« tarîqa ») Shadhili/Jazuliya, en l'occurrence les branches Alawiya et Bouabdaliya du réformisme Darqawi. Relancé précisément à Mostaganem à la fin du 18ème siècle, ce revivalisme shadhilite épuré, grégaire, enflammera le Maghreb puis l'Afrique sub-saharienne.

C'est donc aux sources du chant réformé, qu'on découvre ici quelques rares formes archaïques de sama responsorial (Sama archaïque des faqîrat Alawiya et Sama rural des alawiya de Mhafid), cantillées parfois seulement sur 3 à 4 tons dans un faible ambitus. Le réveil Darqawi-Alawi occasionna l'embellissement des chants, exclusivement vocaux, car selon Duvelle : « les Alawis estiment que c’est à la créature seule (…) de glorifier le créateur ».

La cantillation Al-Mounajat s’accompagne soit du bourdon d'un chœur à l'unisson, soit de celui d'une courte profession de foi « la illah il'allah ». Sur la seconde Mounajat, les vocalises du couplet empruntent clairement au Malouf profane. Le Sama des faqîrat Alawiya, un wird de femmes, soigné, représente une forme commune, encore très répandue dans les confréries de femmes (Indonésie, Swahili, Comores).

L'abstraction du Verbe culmine dans le dhikr – en arabe : commémoration, souvenir –, répétition hyperventilatoire des noms d'Allah, transe où s'immergent encore vocalement nombre de confréries arabes, kurdes et swahilies. Sur la hadra Imara Alawiya, Duvelle en a capturé sur trente minutes le crescendo guttural par quelques deux mille disciples en transe. Alors que le premier chœur, en cercle, s'ébroue dans ces vocalisations successives « Al-laaah », « Hûwa », « Ha», le motif du second l’emballe en une polyrythmie de train à vapeur. Le surnom ouzbèke du dhikr-i arra – dhikr de la scie –, similaire, prend ici bien son sens.

Esthétiquement, le document dépasse les prises de Philip Schuyler au Maroc. Plus encore que les sama archaïques, l’énergie spontanée de la hadra le distingue aussi d’autres enregistrements au Maroc ou en Egypte.

Par Pierre D’Hérouville | akhaba.com

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