Patrick Bouffard en trio - Force mineur (2010)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/01-13/bouffardtrio_forcemineur_front.jpg Force mineur par Patrick Bouffard en Trio 3341348602035

Le fameux vielleux auvergnat s’est entouré de deux fins instrumentistes pour signer un album fait de sensualité, d’attaques imprévisibles, de swing terrible.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 13
Type de produit: 
Album
selection akhaba.com

Force mineur

label: 
Date de parution: 
2010
Réf
types de supports: 
Digipack
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« J'aime une fille du plus bel âge du plus bel âge et qui souvent/Lance des fleurs sur le passage des musiciens et des amants […]/J'aime la vie du plus bel âge du plus bel âge et qui souvent/Lance des fleurs sur son passage pour faire rêver les vieux enfants ». C'est en interprétant les mots et les notes de Melaine Favennec que le trio signe l'une des pièces les plus pétillantes de l'album Force mineur. Et c'est avec la force de son naturel, que la chanteuse Violaine Jourdren, invitée sur quatre titres, offre une version féminine de la plus haute tenue à ce standard breton. Une reprise mieux sentie que celle de La Javanaise ; à vrai dire le seul morceeau décevant du disque. Mais reconnaissons que l'affaire était périlleuse.

Après plusieurs années d'absence discographique, le célèbre vielleux bourbonnais, icône d'une bonne partie de la génération post-revival, nous revient très en forme avec autour de lui un personnel renouvelé : l'excellent Cyrile Roche laisse la place à Raphaël Maurel à l'accordéon, les cornemuses de Benoît Mager sont confiées au talent de Rémy Villeneuve, également à la musette Béchonnet. Sont-ce ces jeunes recrues qui insufflent le petit côté « école belge » à toute la première partie de l'album ?

Toujours est-il que des titres comme Perzil ou Le Nénuphar s'orientent sans complexe vers cette esthétique très en vogue, caractérisée par une sensualité qui confine volontiers au romantisme. Une esthétique largement incarnée par les ténors de la scène belge, que l'on sent de plus en plus appréciés par le public français et de plus en plus influents auprès des musiciens de l’Hexagone.

Le tournant vient lorsque le trio renoue avec le son espiègle et singulier qui a fait sa réputation. C'est le grand retour des saccades en cascade, des dissonances en avance, des attaques franches et imprévisibles, du swing terrible d'une pièce comme Eire. Tels des gamins devant un petit théâtre, nous nous amusons franchement à suivre les inattendus cheminements de morceaux mémorables comme Au regard'où ? ou La Galette, Le Tourniquet de Saint-Flour, La Drute. Dans cette dernière suite de bourrées, l'accordéon excelle d'un bout à l'autre.

Mais le disque ne serait pas complet sans La Batelière, petite histoire comme on les aime d'un stupide galant roulé par une rose sauvage qui ne s'en laisse pas conter : « Que me diront tous mes parents me voyant revenir sans argent/Tu leur diras qu'en passant la rivière tu as joué avec la batelière ».

Par Mathieu Rosati | akhaba.com

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commentaires
Commentaires:

Bonjour,
Je suis Raphnin, l'accordéoniste du trio.
Je souhaitais simplement réagir à la mention de l'influence de l'école belge s'agissant du titre « Nénuphar », mon solo.
Je ne suis pas spécialiste de l'école belge mais le morceau Nénuphar a simplement été composé dans la lignée de l'esthétique Serge Desaunay, auquel il fait directement référence. Cyril Roche ayant lui-même été très influencé par le jeu de Serge, il ne s'agit que d'une continuation de la tradition diatoniste dans le trio...
D'ailleurs, j'y reprends un extrait de "Clin d’œil", valse composée par Cyril Roche en clin d’œil aux valses Desaunesques, enregistrée sur la cassette "Chez Jeunesse"...c'est une sorte de clin d’œil au clin d’œil.
Bien sûr, on peut y voir ce que l'on veut, mais je souhaitais éclairer la chronique par cette explication de l'origine de ce titre.
Merci à Mathieu pour cette belle chronique et bonne continuation.
Musicalement
Raphnin