Oum Kalsoum Double Best (2011)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/01-12/oumkalsoum_doublebest_front.jpg Oum Kalsoum Double Best par Oum Kalsoum 3700409808630

Cette compilation tirée de la demi-douzaine de longs-métrages interprétés par l’Astre de l’Orient de 1935 à 1947 montre une palette de styles inattendus, plus variés.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album

Oum Kalsoum Double Best

label: 
Date de parution: 
2011
Réf
types de supports: 
2xCD
3700409808630
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Quelle nouvelle chanteuse du monde arabe n’a pas commencé par l’imiter, y compris de son vivant ? Sans égaler ses mawwals, ses solos vocaux qui fascinent encore, plus de trente-cinq ans après sa disparition, et diffusés chaque jour sur les radios arabes d’ici et de là-bas. « La Dame » (le mot est de De Gaulle) est un miracle universel. La « Voix Incomparable » (l’expression est de La Callas), 14 000 vibrations/seconde, a un registre de contralto difficile à mesurer car l’Astre de l’Orient ne force pas son chant vu les performances qu’elle doit effectuer en enregistrant d’une seule prise. Y compris au cinéma.

Ces vingt-trois chansons sont essentiellement recueillies de la demi-douzaine de longs-métrages qu’elle a interprétés de 1935 à 1947. Le cinéma propagera son talent dans le monde arabe alors qu’elle est star dès 1930, chantant sur des maqams où la rigueur rivalise avec l’improvisation. Les déclamations rassemblées ici sont celles de la première époque d’Oum Kalsoum, la période des morceaux courts formatés par le 78 tours et conformes au takht, la petite orchestration traditionnelle, à la taktouka, tempo, souvent légère qanun, derbouka, violon, tara, ney, qui lui permet avec une pointe d’espièglerie de déclamer : « Chante-moi un peu et prends mes yeux/Laisse-moi répéter les rythmes/Pour que les auditeurs dansent », Ghani-li chouia (chante-moi un peu). Des vers de l’Alexandrin Bayram at-Tounissi et une musique du grand joueur de oud cairote Zakarya Ahmed, extraits du film Salamah réalisé en 1945 par un autre Cairote, le juif Togo Mizrahi.

Oum Kalsoum a chanté le Coran, son pays et l’amour, et surtout l’amour. La passion profane interprétée jusqu’à l’absolu, au bord du mysticisme quand elle décline les nuances hypnotiques de sa voix sur Bereddak ya Khaliqi (selon Ta volonté ô mon Créateur) avec le même trio, At-Tounissi-Ahmed-Mizrahi, sur le même film où la gravité cède le pas au lumineux Fi nour mouhayak al hana (le bonheur est dans la clarté de ton visage). La gaité est davantage soulignée dans Nasra hawiya we farha haniya (grande victoire et belle joie) avec une fois encore at-Tounissi et Ahmed qui lui écrivent un chant de légèreté, Al Ward gamil (les belles roses), pour Fatmah d’Ahmed Badrakhan, le Minnelli du Nil, la dernière comédie musicale de l’Astre qui se fâche cette année-là, 1947, avec ses deux auteurs fétiches. Il faut dire que la diva n’était pas trop attirée par le grand écran, lui préférant le contact direct et hautement émotif avec le public. Mais ce disque montre une palette de styles beaucoup plus inattendus, plus variés que celui qui l’a fait connaître dans le monde dès les débuts des années 1960, la longue chanson, tragique et imposante, créée spécialement pour elle. La grande chanson du Caire.

Par David Marif | akhaba.com

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