Oudaden - Empreinte (2011)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/04-12/oudaden_empreinte_front.jpg Empreinte par Oudaden 602527841373

Formés en 1978 dans une banlieue d’Agadir, le groupe du Souss marocain, fort de plus de 400 chansons, réalise un enregistrement impeccable, des rythmes nuancés et forts.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album

Empreinte

label: 
Date de parution: 
2011
Réf
types de supports: 
CD
602527841373
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Ils ont joué à Zanzibar, Bornéo, Copenhague ou São Paulo, bref un peu partout dans le monde. Les mouflons (oudaden, en chleuh) sont d’abord un groupe de scène, de l’ambiance du moment, comme celle qu’ils retrouvent régulièrement depuis 2004 au festival Timitar d’Agadir, électrisant près de 100 000 spectateurs presque chaque été sur la place El Amel (l’espoir).

Formés en 1978 dans une banlieue de la métropole de la région amazigh Souss Massa Draâ, forts de plus de 400 chansons, les Oudaden réalisent cette fois un enregistrement à la prise de son impeccable, des rythmes nuancés qu’a supervisés artistiquement Françoise Degeorges, productrice de l’émission musicale Couleurs du monde sur France Musique depuis 2003. Par exemple, le titre Chimik semble un rock taillé dans la pierre pour sa frappe en transe et des pincées de guitare électrique (Larbi Boukharmous) qui le colorient finement.

Enregistrées en avril 2011 au Centre culturel berbère d’Imintanout, à mi-chemin entre Marrakech et Agadir, ces huit nouvelles chansons restent presque malgré elles des exhortations irrésistibles à danser alors que leurs propos sont le plus souvent graves, déplorant la déliquescence des mœurs, la perte de la sagesse et de la solidarité, mais parlent aussi d’amour, composent des métaphores sur la culture amazigh, niée si longtemps par les régimes du Maghreb indépendant. Dommage que le livret bien coloré du CD ne donne pas quelques traductions des vers le plus souvent improvisés d'Abdellah El Foua.

Une voix légèrement voilée et fine, comme le sont les timbres des chanteurs chleuhs du Sud marocain, le leader des Oudaden entame le morceau Allayhnik par un longue récitation, une sorte de rap surprenant qu’il soutient au banjo, alors qu’un invité du groupe, Ahmed Boulfra, lui tisse une discrète nappe de synthé. Malgré une touche de modernisme, c’est probablement le chant le plus proche des anciens raïs (ou rwâyes), les troubadours qui parcouraient le bled soussi avec leur outar à trois cordes pour déclamer l’amarg, le blues amazigh populaire qui finit fréquemment sur des notes enlevées, furieuses.

Plus lancinant, Nra est fait d’élancements, de balancement qui hypnotisent tout doucement ; une psalmodie profane qui monte progressivement. Chez les Oudaden, les mélodies débutent parfois véhémentes, brûlantes, à l’exemple de celle d’Adil oumlil, une frénésie africaine, noire, où les qarqabous gnawi d’un autre invité du groupe Mohamed Aït-Sidi Bihi ne sont pas pour rien. Le chant d’Abdellah est régulièrement repris en chœur puis entrent dans la danse les bendir et derbouka (Ahmed El Foua), le tam tam marocain en terre cuite (Mohamed Jemoumekh), le naqous métallique (Larbi Amehal), la tambour ganga gnawi (Khalid El Foua). Des percussions qui font le sel des mouflons de l’Atlas.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

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