Osman, Gubara and Co. - Au royaume de la lyre (2001)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/06-12/royaumelyre_front.jpg Au royaume de la lyre par Osman, Gubara and Co. 794881640126

Un double CD qui célèbre gracieusement un instrument emblématique de la musique soudanaise chantée ici par des voix fameuses.

"Médias > Musique"
EUR 15
Type de produit: 
Album

Au royaume de la lyre

Date de parution: 
2001
Réf
types de supports: 
Digipack 2xCD
794881640126
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Frotté, brossé ou arpégé, le jeu étouffé de la lyre est avant tout une sensation sonore inédite. Enfin échappée des compilations de terrain, la musique d’origine rurale de ce cordophone du fond des âges est enregistrée ici dans les conditions du studio. L’expérience est un privilège des sens, repoussant les limites du « déjà-vu » musical.

Passée son arabisation forcée, la société de Khartoum n’entretient dorénavant le souvenir de ses griots et de la vie rurale qu’au gré de leurs fréquents succès radiophoniques. D’ailleurs, depuis les années 1930, la lyre soudanaise a su imposer son registre pentatonique à son concurrent, le oud, dans les musiques urbaines modernes du Soudan, d’Erythrée et même de Somalie. Mais elle reste un instrument adulé au Soudan grâce à des virtuoses comme Muhammad Gubara. Révélé en Occident par la collection Sounds Of Sudan (1988), il doit son immense succès local autant à sa voix de fausset, qu’à son style et à ses trémolos réminiscents des chants de griots en plein air (Nouray, Al-Baydârî), soutenus par sa lyre tamboura. Sa marque de fabrique est le rythme dilib, caractéristique des Shaygiyya, l’une des plus importantes ethnies du Nord soudanais.

Peu rencontrent le même engouement que Gubara. C’est tout à l’honneur de la présente compilation de réunir ces quatre répertoires lointains dans leur diversité. Prenons par exemple ici les ritournelles en Ingessama, région du Nil bleu, de Sabet Osman de la communauté des Berta. Des refrains minimalistes plutôt, puisqu’elles se réduisent le plus souvent à deux strophes (Bawat baladna, Hawa baladi) et se répondent, tel un jeu vocal entre deux chœurs de nomades.

Plus rarement, le chant nonchalant d’Osman prend des accents du genre merdoum (Resayris), plus moderne. A chaque morceau, Osman laisse la part belle à son instrument fétiche par un jeu lent et sonore sur 3-4 accords (Rababa, Banat baladna) ou par un galop de cordes frottées. Sur Hawa baladi, les notes hachées ainsi répétées détourent la mélodie.

C’est à la cadence fébrile du rythme al-karng que le griot Qassas Kilabo Miri mitraille les refrains de l’ethnie Nimanj (monts Nouba, au centre du Soudan). Les morceaux crépitant (Terngalo sheira, Mâmâ) sont des invitations à une danse saccadée où la timbale dallukah s’enflamme par instant. Par-contre, Sal ganju ganju est présumément un genre épique.

Justice est ensuite rendue à la lyre des Beja, près de la Mer Rouge, représentée ici par le chanteur-instrumentiste Muhammad al-Badri dans un répertoire puriste. On connait son chant typique depuis son CD Rain In The Hills (1995) avec Musa Adem. Son chant lent et ample évoque le quotidien des caravanes (Duneib, Kulal quabi barayâ) : la lyre basamkob des Beja est littéralement grattée, alors que la main gauche en étouffe si bien les cordes qu’une note unique s’en détache avec force. Les notes ainsi pincées de Ya’achaya, Laymûna nam gumbi martèlent des boucles entêtantes, surprenant par un écho proche du balafon. Prometteuse, la seule chanson Beja est un motif tout trouvé pour votre prochain voyage.

Par Pierre d’Hérouville | akhaba.com

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