Omar Benamara - Nouba ghrib andalou algérois (2005)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/10-11/benamara_nubaghrib_front.jpg Nouba ghrib andalou algérois par Omar Benamara 794881779222

Une voix pure, chaude, qui interprète la nouba ghrib, la plus bluesy de la musique arabo-andalouses, un chant d’amour tragique exprimé avec une douceur infinie.

"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album

Nouba ghrib andalou algérois

Date de parution: 
2005
Réf
types de supports: 
Digipack
794881779222
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Quand en 1492 Ferdinand et Isabelle la Catholique finissent par jeter à la mer les derniers juifs et musulmans d’Andalousie, ceux de Grenade et beaucoup d’autres étaient déjà installés sur l’autre rive de la Méditerranée. Ils avaient fui ce que l’on présente trop souvent comme l’Eden sur terre avec la soi-disant coexistence pacifique entre les trois monothéismes.

En Afrique du Nord, les Andalous se sont plus ou moins intégrés aux indigènes quand ils n’ont pas fondé leurs propres villes où ils font refleurir leur art musical qui s’était acclimaté aux divers tempéraments locaux du Maroc, Algérie, Tunisie, Libye actuels. Alger a accueilli essentiellement l’héritage de Grenade, la ville que pleure dans le Romancero du XVIIsiècle son dernier émir, Boabdil (Ibn Abdallah) : « O mon Alhambra et mon Alcazar/Et ma mosquée somptueuse/Mes bains mes jardins et mes rivières/Où j’avais l’habitude de me reposer/On m’a séparé de toi/Ne te reverrai-je donc plus/Hier j’étais roi puissant/Et aujourd’hui je n’ai plus rien ».

Formé à Alger au raffinement arabo-andalou et au classique européen, Omar Benamara en est l’un des meilleurs gardiens de cette saudade qui chante aussi bien le spirituel que les plaisirs terrestres, la chair et le vin, (Quelle heure exquise quel réel bonheur) : « Charmante vierge je t’en conjure/Remplis ma coupe de ce vin/Amis qui m’entourez/Buvons et échangeons des baisers ».

Voix pure, veloutée, chaude, le mandole soyeux, Benamara interprète la plus sombre des pièces arabo-andalouses, la nouba ghrib, un enregistrement en public à l’Institut du monde arabe en février 2003, plus de soixante-dix minutes découpées en une quinzaine de mouvements. Ghrib qui peut signifier à la fois étrange, exil, nostalgie.

Le chant tragique du ténor exprime avec une douceur infinie ce « pur sanglot » qu’est cette nouba où se répète, lancinant, le thème du spleen, dès l’ouverture instrumentale, la touchia, suivie des solos captivants du oud et du violon. L’orchestre est aussi composé de viole de gambe, mandoline, derbouka qui accompagnent brillamment six chants pleins de délicatesse, de retenue, qui ne forcent pas sur la note alors qu’Omar Benamara a été formé au chant lyrique. Il est chanteur à l’Opéra national de Paris depuis 1994.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

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