Nassima - Musique andalouse d’Alger (2002)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/09-13/nassima_andalousealger_front.jpg Musique andalouse d’Alger par Nassima 794881707423

La cantatrice prolifique Nassima Chaâbane de Blida signe ici une interprétation particulièrement solennelle de la suite nouba sika, enregistrée en 2002 en France.

"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album

Musique andalouse d’Alger

Date de parution: 
2002
Réf
types de supports: 
Digipack
794881707423
0

La ça'naa algéroise est le superlatif de la sophistication musicale arabo-andalouse. Le livret du CD en est un véritable glossaire. La construction de ses quatorze suites nouba contraste avec les autres traditions classiques, tant par les ensembles nécessaires que par leur rigidité caractéristique.

N'en déplaise au malouf, plus éloquent, la ça'naa est devenue une affaire sérieuse à Alger : héritée de Cordoue, elle s’est attachée d’imposants orchestres institutionnels et de grandes voix lyriques. Une innovation qui amènera Omar Benamara jusqu’à l'opéra de Paris.

Nassima Chabane est un pur produit de l'Ecole de Blida. Sa version de la nouba sika est comme hantée par son concitoyen et maître de chant, le regretté Dahmane Ben Achour. A contre-pied de Behidja Rahal, elle se conforme à l'unisson en vigueur.

Cet art a connu à une époque récente une telle surenchère de solennité vocale, qu’il contraint dorénavant de belles voix (Sid Ahmed Serri, Lila Borsali, Mohammad Khaznaji,...) à une préciosité contre nature. Une influence de l'opéra occidental ? Cette tendance est en tout cas manifeste ici.

Annoncée par le kursi de Yâ nâs a-mâ ta’dhirûnî, Nassima entre en scène, telle une cantatrice d'opéra. Les deux poèmes suivants Mâ dhâ nahît qalbî et Hibbî al-ladhî rânî na'shaqu, tout en vocalises, répondent aux ronronnements de kursi identiques.

A l'expiration de ces préludes bat le cœur de la nouba ; les ornementations vocales sur le mètre lent captent l'auditeur. Selon l'art de la nuance de Ben Achour, Nassima module l'amplitude forcée ou nasale de son vibrato comme par un artifice de résonnance contrastée. Où le mot « interprétation » prend tout son sens.

Aux poèmes alternent dorénavant des intermèdes instrumentaux, souvent non métrés (istikhbar), qui introduisent ou répètent le thème contiguë (solo de Ney, solo de violon, solo de mandoline). Le violon d'Abdelghani Belkaïd, par exemple, excelle de volupté sur l'istikhbar Salâmun ‘alâ al-ahbâbi, un thème commun à la ça'naa et au malouf.

« …dans les milieux citadins de l'Algérie d'autrefois, on considérait la pratique de la ça'naa davantage comme une compétence que comme un art au sens européen » dit le livret. Son enseignement classique, oral, a toujours eu sa propre identité sonore.

Zyriab n'était pas Verdi, et Ben Achour a bien montré ce que l'excellence devait à la sobriété. Depuis, le chaâbi algérois a cloné la ça'naa sans s'embarrasser de faste, et Nassima s’est même essayée à ce genre récemment. Un itinéraire à suivre.

Par Pierre d’Hérouville | akhaba.com

Recommandé si vous aimez
extract1: 
Mots Cles
Région: 
Thème: 
Partager | translate
commentaires