Mwezi WaQ. Chants de lune et d’espérance (2012)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/12-12/mwezi_waq_front.jpg Mwezi WaQ. Chants de lune et d’espérance par 602537210428

Le label français Buda Musique poursuit son exploration experte des musiques des Comores et de Mayotte avec cette nouvelle compilation luxuriante et surprenante.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album

Mwezi WaQ. Chants de lune et d’espérance

label: 
Date de parution: 
2012
Réf
types de supports: 
CD
602537210428
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Entre végétation luxuriante et candeur des rencontres, le voyage aux îles Comores (de l’arabe djouzour el qamar, îles de la lune) est une expérience unanimement mémorable. Et qui dit Comores dit aussi Mayotte, ex-territoire élevé récemment au rang de département français, bastion du style mgodro.

Le label Buda Musique dédie à l’archipel cette troisième compilation, non pas « ethnique » mais plutôt de reprises acoustiques sobres par des grands noms de la tradition moderne : Sœuf Elbadawi (Grande-Comore), Soubi (Mohéli), Baco "Bob" Chidou (Mayotte), mais aussi de jeunes voix méconnues de la capitale comorienne Moroni tels Kosty, Prince Nico, Nkenke. Le premier projet créatif de cette envergure depuis ceux de l’A.S.E.C. (Association des stagiaires et étudiants comoriens) et SambeCo.

Dans l’esprit du CD Chants de femmes avec la chanteuse Zaïnaba (Grande-Comore) qu’il a initié en 2005, Sœuf El-Badawi rénove cette fois-ci la musique rurale à coups de textes engagés de la scène folkomor. Trompe-l'œil donc, où satyres sociales et anticoloniales se fondent avec les mélodies traditionnelles, religieuses ou séculaires, à l’exemple des chants de travail Hwibia misi, Mapiko Gani, Djando.

Soubi, chanteur et cithariste émérite, plagie ses complaintes habituelles (Kanga, Upepo) et s’imite à la guitare (Bweni Fatima). Makito Gani et Undroni Blues revisitent ses succès passés, Mongori et Chamsi na mwezi mais sans le luth gabusi de son compère Boinariziki. Hymne informel de l'archipel, Chamsi na mwezi implose ici sous les toms syncopés et la fredaine chaloupée de Prince Nico.

Ailleurs, le titre Mkombe prolonge la discographie contestataire de l’inclassable Baco. Bweni Fatima dépasse son texte acerbe et s'emballe en une transe roumbou où s’échauffent mutuellement voix, cithare dzendze, mkayamba et bâtonnets m’biwi.

L’audace ici est avant tout esthétique, musicale. Concassage légitime, par exemple, de refrains séculaires et d’arrangements acoustiques : les couplets de Dantzi et Djazba, littéralement « transe », profanent, comme le fait la chanteuse Nawal (Grande-Comore), les halètements du daïra, le dhikr local des soufis shaddhili.

Upepo transpose au dzendze un tube de mariage de Tama-Music, le fameux power-band de Bandrélé (Mayotte). Kosty imprime à Experimental Blues of Moroni, une reprise twarab de l'orchestre A.S.S.M.U.M.O., une touche nostalgique très Calexico, le groupe rock mariachi de l’Arizona !

Last but not least, pour le plaisir des puristes, le monteur a dissimulé pas moins de 10 minutes de shigoma authentique de mariage, dans la pure tradition enlevée de l’île d’Anjouan. En évoquant leurs racines musicales communes, les artistes élitistes folkomor jouent ici un cache-cache esthétique avec le public comorien, dorénavant insaisissable. Tous en tirent une fraîcheur véritable, inhérente aux airs intemporels choisis.

Par Pierre d’Hérouville | akhaba.com

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