Mulatu Astatqé - Ethiopiques 4 - éthio jazz & musique instrumentale 1969-1974 (1998)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/11-12/ethiopiques4_front.jpg Ethiopiques 4 - éthio jazz & musique instrumentale 1969-1974 par Mulatu Astatqé 3307518296428

Faite essentiellement des compositions hypnotiques de Mulatu Astatqé, c’est cette compilation qui a déclenché le succès international de la musique urbaine éthiopienne.

"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album
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Ethiopiques 4 - éthio jazz & musique instrumentale 1969-1974

Date de parution: 
1998
Réf
types de supports: 
CD
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Sur la couverture du disque, on voit Mulatu Astatqé devant un piano, souriant à Duke Ellington qui tient de sa main gauche un krar, la lyre antique et emblématique de la musique traditionnelle éthiopienne. Cette photo prise à Addis-Abeba en 1973 résume par excellence l’idée de cette compilation d’une quinzaine de morceaux uniquement instrumentaux.

Un pari à priori risqué, surtout quand on identifie la musique éthiopienne principalement par le chant, ses paroles au fameux double-sens, une expression colportée depuis des siècles par les bardes azmaris. Le défi est pleinement réussi par cette sélection de Francis Falceto, créateur opiniâtre de la collection Ethiopiques au sein du label français Buda Musique.

C’est ce quatrième volume qui va déclencher le succès international et américain de la série, notamment quand Jim Jarmusch en fait la BO de son film Broken Flowers. Un road movie introspectif qui colle à la perfection aux musiques souvent planantes, hypnotiques de cet album fait essentiellement par les compositions et des arrangements de trois morceaux traditionnels du vibraphoniste Mulatu Astatqé (ou Astatke).

Son parcours unique dans la musique urbaine abyssine comme probablement le premier musicien éthiopien à se confronter physiquement aux jazz, funk, calypso, cadences latino-américaines quand il part étudier la musique à Londres puis à New York. Il en ramène à la fin des années 1960 l’harmonie, une structure qu’il adapte à Addis-Abeba à la tradition. La musique urbaine éthiopienne est alors vraiment née.

Ecoutons Mètché dershé (quand y arriverai-je), une marche lente et captivante. Un éthio-latin jazz fait de contretemps renversants de saxo, piano, une cymbale obsédante, quelques riffs de guitare placés judicieusement, prouvant la qualité rare des arrangements de Mulatu. Un savoir-faire qu’il applique magistralement au traditionnel Tezeta (nostalgie). Une saudade qui confine à la transe ; l’Orient n’étant pas loin.

On retrouve souvent sur le disque cette mélancolie envoûtante, prenant parfois des dimensions mystiques, à l’exemple d’un autre titre traditionnel, Gubèlyé (ma Gubel), sax et surtout une guitare au son cosmique. La manière de Mulatu n’est jamais loin des obsessions astrales d’un John Coltrane ou d’un Pharoah Sanders.

La musique d’Astatqé est aussi un éthio-funk nonchalant et une afro-soul déliée entre saxo, trompette batterie, basse, orgue électrique, parfois un rhythm’n’blues éthiopien flâneur mais toujours ensorceleur comme celui de Yèkatit (février), le mois de 1974 où la révolution populaire a été confisquée par la junte militaire du Derg destituant le négus Haylè Sélassié et mettant ainsi fin à la plus ancienne monarchie du monde.

La photo de Mulatu avec le Duke en novembre 1973 annonce aussi la fin d’un monde, celle de l’effervescence de la scène musicale éthiopienne quand l’année suivante la dictature militaire au nom du marxisme plonge le pays dans le noir pendant dix-huit ans, bien que la production de cassettes ait continué. En allant à la recherche de pépites sur microsillion, la collection Ethiopiques fait briller à la lumière l’âge d’or de la musique éthiopienne.

Par Hadi Omar | akhaba.com

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