Muhammad Rammal - L’Epopée de l’Achoura (2007)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/04-13/muhammadrammal_epopeeachoura_front.jpg L’Epopée de l’Achoura par Muhammad Rammal 794881761326

Muhammad Rammal nous présente ici des hymnes de commémoration de deuil religieux dans le pur style lyrique des régions chiites du Liban.

"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album

L’Epopée de l’Achoura

Date de parution: 
2007
Réf
types de supports: 
Digipack
794881761326
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La prière peut-elle être un spectacle ? De la Bekaa à Hyderabad, les Chiites cultivent dans le souvenir annuel du martyr de l'imam Hussein à la bataille de Karbala, une piété pétrie de dolorisme. La démonstrativité en est maximale lors des flagellations processionnaires de contrition (taltîm ou sinezani).

Les oraisons des hymnodes chiites libanais de Muhammad Rammal prêtent à une piété qui dépareille avec un concert à proprement parler. La psalmodie libanaise huzn d'Achoura s’est longtemps démarquée des lamentations traditionnelles d'Iran. Certes, on retrouve sur le titre Taltîm, deux thèmes chaloupés de sinezani, si caractéristiques des processions iraniennes.

Le Tawr Al-Huzn (Cycle de la Tristesse) est une élégie à Ali Akbar, fils d’Hussein tombé au champ d’honneur la veille d’Achoura. Le chant s'enflamme en un long crescendo, au gré du poème élégiaque nathr. Instants interminables de silences, rythmés de louange recueillie, où prime la dévotion. Epanchements vocaux, réminiscents du fameux concert des muezzins d'Alep au Festival d’Automne de Paris en 1975. Le public averti, immergé dans le rituel, répond aux invocations par les bénédictions d'usage «Paix à Muhammad et à ceux de Muhammad».

S'ensuivent sept élégies. Vocalement, très proche de la cantillation coranique (Madah nabawî) ou de l'appel traditionnel à la prière azan (Evocation du Mahdî). Si les mélismes en maqam huzâm et sabâ introduisent à chaque chant une véritable tension, la poésie illuminationiste en arabe évite le dolorisme sur-joué du rowze persan.

Muhammad Rammal s'y illustre par quelques élégies maqtal empruntées aux différents deuils imamites ordinaires : un nathr au prophète Muhammad, un autre à sa fille Fatemeh Zahra, le suivant au Mahdi, l'imam caché, et enfin un autre à son neveu, l'imam Ali, guide ésotérique chéri des Chiites.

Chaque maqtal s’ébroue sur un second poème, plus rythmé, avec chœur et percussions. Lyriquement, cette tradition libanaise procède davantage de la louange soufie maddah et de folklores libanais que de genres de deuil aza(dari) d’Iran et d’Irak : tazieh, azâ, nohe, rowze... Ni marches martiales, ni lamentations éplorées ; mais simplement la louange virile à l'unisson, musicalement plus proche de la tradition confrérique moderne du Levant.

L'ethnomusicologue Jean Lambert détaille les maqtal dans un livret fouillé. Prières et psalmodies n’étant généralement pas considérées à proprement parler comme des musiques au Moyen-Orient, cet évènement communautaire révèle au public orientaliste des particularismes folkloriques.

Par Pierre D’Hérouville | akhaba.com

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