Mtendeni Maulid Ensemble - La Lune s’est levée - Une séance soufi de Zanzibar (2011)

http://www.akhaba.com/sites/default/files/covers/01-12/zanzibara6_front.jpg La Lune s’est levée - Une séance soufi de Zanzibar par Mtendeni Maulid Ensemble 3341348602196

Un ensemble de Zanzibar qui perpétue la fébrilité des nuits soufies, telles qu’elles sont vécues de nos jours à Mayotte, sur Madagascar, aux Comores ou à Marseille.

"Médias > Musique"
EUR 12
Type de produit: 
Album

La Lune s’est levée - Une séance soufi de Zanzibar

Date de parution: 
2011
Réf
types de supports: 
CD
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Parmi d’autres, la confrérie rifa’iyyah originaire du Moyen-Orient a essaimé à la fin du XVIIIe siècle parmi les sunnites swahilis de Zanzibar, du Mozambique et des Comores. L’engouement swahili doit beaucoup à la mutation lyrique et chorégraphique de rites soufis en réunion, initiés à l’époque sur l’île de Lamu, Kenya. Jusqu’à son déclin récent, l’esthétisme de ces performances collectives attira même des ethnies partiellement converties. Le style maulidi ya homu (Zanzibar) était l’aboutissement de l’art du maulid, ou mawlid (louange de la naissance du Prophète). Chorégraphié, il concaténait des extraits d’éloges en arabe ou en swahili.

L’ensemble Mtendeni Maulid, fondé au milieu des années 1960 à Zanzibar, perpétue sa performance complexe et ses danses synchrones en rang. Pour les besoins de la scène, les suites dahallas de leur tournée ont été condensées, presque à leur avantage. Le rituel original survit mieux à Mayotte et aux Comores sous le nom de moulidi : la première dahalla du CD est particulièrement confondante. Seules les diffusions confidentielles de J.-L. Lhoste (Mayotte) et J.-C. Penrad (Zanzibar) avaient entrepris précédemment d’en capturer la ferveur. Contrairement à Lhoste, Werner Graebner a opté ici pour une prise sur le vif.

Un choix heureux qui plonge à la fois l’auditeur dans trois dahallas complètes et une atmosphère surchauffée. Introduit par l’oraison plaintive du meneur, le chœur s’ébroue lentement au milieu des premiers battements de tambourins ruwaisi et tari. Il reprend ensuite à l’unisson de lentes litanies, sur les cahots polyrythmiques des percussions. Le chant métré en langue swahili, très vocalique, est très éloigné esthétiquement du chant équivalent à deux voix des styles awrad ou tavashi. Ni les mélodies, ni les modes orientaux ne sont d’ailleurs flagrants ici. Le poème, la qassida répétitive chaloupe lentement, pendue au souffle et aux lents mouvements du buste des danseurs.

Ces oscillations métrées pourront sembler interminables au béotien, qui ne bénéficie pas ici d’une vidéo pour accompagner le déroulement chorégraphique. A l’opposé, sur scène, l’effet audiovisuel sur le spectateur est captivant. La quatrième piste, une invocation conclusive dua, essoufflée, et surtout un instant de délassement, présente certainement un intérêt esthétique moindre. Assurément, cet album replongera indifféremment les amateurs de toutes origines dans la fébrilité des nuits de moulidi telles qu’elles sont vécues de nos jours à Zanzibar, à Mayotte, sur Nosy Bé, la ville balnéaire au nord de Madagascar, ou à Marseille.

Par Pierre D’Hérouville | akhaba.com

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