Mista Savona Presents Havana Meets Kingston (2017)

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Havana meets Kingston, la rencontre historique des musiciens jamaïcains et cubains, dans les bacs à partir du 3 novembre 2017 !

label: 
"Médias > Musique"
EUR 0
Type de produit: 
Album
selection akhaba.com

Mista Savona Presents Havana Meets Kingston

label: 
Date de parution: 
2017
Réf
types de supports: 
Digipack
3760248830667
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Géographiquement proches mais musicalement éloignées. C’est par cette phrase lapidaire que l’on pourrait définir les îles de Cuba et de la Jamaïque. Pas la moindre influence du mento, du ska ou du reggae dans la musique cubaine – hormis l’exception régionale de l’Ile de la Juventud – et, à l’inverse, absence totale du son montuno, du cha cha chá ou du mambo à Kingston. Affaire d’idiome, mais aussi de flux migratoires, puisque la barrière de la langue n’a pas empêché la « rhumba craze », le cubop et même la salsa, de fleurir plus au nord.

Havana Meets Kingston vient effacer cette anomalie musicale. Lancé en 2015, attisé par une vidéo postée sur YouTube en février (Carnival), le projet éclot enfin en ce mois de novembre. Alors que l’on célèbre les 20 ans du Buena Vista Social Club, l’album commence par l’emblématique Chan Chan de l’inoubliable Compay Segundo, avec le « buenavistero » Barbarito Torres au laud. Dans la même veine suivent El cuarto de Tula et Candela, tous deux visibles sur la plateforme de streaming, le premier sous la forme d’un clip aux échanges reggaeton/raggamuffin incendiaires.

Citons aussi la très belle reprise de La sitiera. Un titre qui nous renvoie à la guajira de salón de Guillermo Portabales, élégante musique paysanne urbanisée. D’une langueur qui peut tomber dans la mièvrerie, le morceau est ravivé ici par le beat rocksteady de Sly Dunbar et Bongo Herman, et le brillant solo de Rolando Luna. Peu médiatisé, si ce n’est pour sa participation aux versions tardives du BVSC, Luna est un pianiste à découvrir absolument. Quant à Beatriz Márquez, chanteuse romantique très en vogue dans les années 70, on ne l’attendait guère dans ce contexte mais le choix s’avère finalement pertinent.

Quel plaisir aussi de retrouver le percussionniste Changuito (ex-Los Van Van) aux côtés de la nouvelle génération des Telmary (chant), Alejandro Falcón (piano), Oliver Valdés (batterie) ou Gastón Joya (basse). Entre les deux, c’est le génial trompettiste Julio Padrón qui brille sur la reprise instrumentale de Carnival.

Même mélange générationnel chez les Jamaïcains avec le jeune Randy Valentine, protagoniste des morceaux plus commerciaux, dont la reprise de Positive vibration, hommage obligé à Bob Marley. Les vétérans Cornell Campbell, Prince Alla, The Jewels et l’ex-Heptones Leroy Sibbles se sont donné rendez-vous sur le fameux ganja tune 100 Pounds of Collie, entraînant avec eux les jeunes et moins jeunes Exile Di Brave, l’Helvéto-Guadeloupéen Cali P ou le « Bobo Dread » Lutan Fyah.

L’instrumental 410 San Miguel (adresse des mythiques studios Areito) est un autre temps fort de cet album qui n’en manque pas. Le coupable n’est autre que le guitariste Ernest Ranglin (85 ans), surnommé le « patriarche de  la musique jamaïcaine ». Ses complices Luna, Padrón, ainsi que l’inoxydable gang rythmique Sly Dunbar/Robbie Shakespeare pour les séquences dub, s’occupent du reste. De la belle ouvrage.

Avec Havana Meets Kingston, le producteur australien Mista Savona donne une étonnante réplique au Buena Vista Social Club, où les musiciens jamaïcains auraient remplacé les musiciens maliens initialement prévu dans le projet de Ry Cooder. Il nous tarde déjà de les voir sur scène.

Par Didier Ferrand | akhaba.com

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