Melos - Chants de la Méditerranée (2012)

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Une magistrale leçon où se marient la pédagogie et l’émotion pour nous raconter les nuances, influences, parentés, richesses d’une culture commune et multimillénaire.

label: 
"Médias > Musique"
EUR 15
Type de produit: 
Album
selection akhaba.com

Melos - Chants de la Méditerranée

label: 
Date de parution: 
2012
Réf
types de supports: 
CD
3149028015225
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Melos ou Chants de la Méditerranée est une création menée sous la direction artistique du percussionniste franco-iranien Keyvan Chemirani, qui traduit remarquablement que la Grande Bleue est une Mare nostrum pour ses riverains. Bien sûr, les différentes musiques méditerranéennes possèdent des racines si enchevêtrées entre elles qu’il reste difficile d’en démêler les fils. Ces dix morceaux enregistrés en public forment une magistrale leçon où se marient la pédagogie et l’émotion pour nous raconter les nuances, influences, parentés, bref les richesses d’une culture et histoire communes et multimillénaires. Ecoutons Une histoire de l’exil, ce lamento où Drossos Koutsokostas et la Tunisoise Dorsaf Hamdani se donnent la réplique entre des vers grecs et une chanson populaire tunisienne sur un thème cher aux Méditerranéens. Melos veut dire en grec à la fois partage et séparation.

Quelle que soit sa chapelle, l’émotion d’Hommage à Ibn ‘Arabi tire des larmes quand Dorsaf chante le plus grand philosophe du soufisme, fils d’Andalousie (Murcie 1165) enterré à Damas (1240,) alors que lui répond le flamenco fiévreux d’El Kiki, ajoutant davantage de drame au dhikr, l'invocation scandée sur tous les tons par la chanteuse : « la illaha illa Allah » (il n’y a de dieu que Dieu). La mesure est battue par le daff de Keyvan et l’intensité assénée par les cordes de Juan Carmona, le guitariste franco-espagnol aux racines algériennes. Dans Louanges, Dorsaf revient au mysticisme  sur un titre arménien pour louer le Prophète avec les mots de Mohamed Ben Msayeb (fin XVIIe-1768), le poète melhoun de Tlemcen. Une ode où rivalisent de virtuosité la percussion de Chemirani, le qanoun du Marocain Mohammed Rochdi Mfarredj et le oud de Kyriakos Kalaitzides, le leader du quintette grec En Chordais.

Sur Turkish Melos, croisant thèmes turc, persan, moyen-orientaux ou maghrébins, se poursuit le même échange où sont invités le cajon de l’Espagnol Sergio Martinez et le violon du Tunisien Mohamed Lassoued. Avec Suite tunisienne, la création explore aussi un art puissant du Maghreb, le malouf, la variante arabo-andalouse que la Tunisie partage avec l’Est algérien et la Libye. Dorsaf en chante un grand classique, Freg ghzali (séparation de ma gazelle), avec des accents de cantatrice évoquant rien moins qu’Oum Kalsoum, l’astre d’Egypte que la jeune diva imitait dès l’enfance. Mais la Mare nostrum n’est pas fermée quand le morceau Ta poulia s’envole vers l’Inde, revient sur les deux rives de la Méditerranée avec les voix mystiques de Dorsaf et d’El Kiki et que Drossos Koutsokostas entame un appel de muezzin confondant de sincérité.

Par Bouziane Daoudi | akhaba.com

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